Grèves et manifestations en France : plus de 350.000 manifestants mobilisés contre l’austérité (AP/Thibault Camus)
Grèves et manifestations en France : plus de 350.000 manifestants mobilisés contre l’austérité (AP/Thibault Camus)

Ça jeudi, la France est le théâtre d’une journée de manifestations et de grèves d’ampleur, à l’appel de l’intersyndicale regroupant CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires. Selon les derniers chiffres à 16h, 354.000 manifestants ont été recensés sur l’ensemble du territoire, dépassant largement les attentes initiales des autorités, qui tablaient sur 900.000 participants.

Les syndicats dénoncent une politique d’austérité au détriment des classes populaires, réclamant un budget de « justice fiscale, sociale et écologique ». « Aujourd’hui le message est très clair : on ne veut pas que les travailleurs soient les seuls à payer la facture », a déclaré Marylise Léon (CFDT).

Tensions et incidents à Paris et dans plusieurs villes

À Paris, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre vers la place de la République et le boulevard Voltaire, provoquant l’usage de gaz lacrymogènes. La préfecture de police a signalé une « tentative de dégradation d’un commerce » et a recensé 21 interpellations dans la capitale, avec 8 policiers légèrement blessés.

Des incidents ont également été signalés à Rennes, où des heurts ont entraîné la fermeture de la gare, ainsi qu’à proximité de ministères à Paris, où des manifestants ont tenté de bloquer l’entrée du ministère de la Culture pour interpeller la ministre Rachida Dati.

La mobilisation a concerné plusieurs secteurs professionnels. Concernant l’éducation, près d’un enseignant sur six était en grève dans le primaire et le secondaire, avec 23 lycées complètement bloqués. À propos des pharmacies, environ 20.000 pharmaciens ont participé, fermant près de 18.000 officines sur 20.000 pour protester contre la réduction des remises sur les génériques. Niveau transports, des perturbations étaient signalées dans les métros et RER, conformes aux attentes de la RATP, principalement aux heures de pointe.

La CGT a estimé la journée « déjà un succès », tandis que les leaders syndicaux se réservent le droit d’évaluer la poursuite du mouvement en fonction de son ampleur et des réponses du gouvernement.

Une journée symbolique pour la justice sociale

Partout en France, les manifestants ont exprimé leur colère face à la précarité et à l’austérité. À Marseille, Jean-Luc Mélenchon a réclamé le départ du président Emmanuel Macron, dénonçant sa responsabilité dans le climat social actuel.

Cette journée marque un retour à l’unité syndicale après les mobilisations contre la réforme des retraites en 2023, et pourrait influencer les décisions budgétaires du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu.

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