Dans le Doubs, l’abattage contesté d’un troupeau vacciné ravive la colère des éleveurs
Dans le Doubs, l’abattage contesté d’un troupeau vacciné ravive la colère des éleveurs

La mobilisation n’aura pas suffi. Hier mardi 2 décembre, près de trois cents manifestants se rassemblaient à Pouilley-Français, près de Besançon, pour empêcher l’abattage de quatre-vingt-trois vaches appartenant à un éleveur de la commune. Malgré les barrages humains, les recours en justice et la présence d’organisations agricoles, les opérations étaient maintenues par l’État au nom de la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Les forces de l’ordre intervenaient dans la matinée pour évacuer les manifestants, utilisant des gaz lacrymogènes face à l’avancée de tracteurs. Deux personnes étaient interpellées. Plusieurs organisations agricoles dénonçaient une réponse jugée disproportionnée. La Confédération paysanne critiquait une gestion « autoritaire » des crises sanitaires, estimant qu’un troupeau vacciné ne devait pas être systématiquement condamné.

La découverte d’un cas positif malgré la vaccination

Selon la préfecture, une vache testée positive présentait une « charge virale extrêmement forte », justifiant l’abattage total du troupeau. Les autorités rappelaient qu’une contamination dans un élevage vacciné signifiait que l’immunisation était intervenue trop tard pour bloquer la propagation du virus. Le tribunal administratif rejetait dans l’après-midi le recours déposé par les syndicats agricoles, considérant le risque sanitaire élevé pour les fermes voisines. La préfecture assurait que l’éleveur recevrait tout son soutien et justifiait l’intervention policière par la nécessité de sécuriser les opérations. Les organisations agricoles, elles, défendaient une autre approche. Elles proposaient une mise sous surveillance des animaux plutôt qu’un abattage massif. Les opposants rappelaient que les exploitations environnantes étaient elles aussi vaccinées, estimant que le risque de contagion devenait « très faible ».

Une contestation qui s’étend

Du côté de l’exploitation, Céline Lhomme, épouse de l’éleveur, jugeait que l’animal positif « allait très bien » et que les nodules observés pouvaient résulter de la vaccination. Elle appelait à une intervention de la ministre de l’agriculture, sans obtenir de réponse. La Confédération paysanne dénonçait un « principe de précaution poussé à l’extrême », rappelant que l’abattage systématique d’un lot vacciné depuis plus de trente jours soulevait désormais de nombreuses objections dans la profession. Les manifestants recevaient aussi le soutien des Soulèvements de la Terre. Cet épisode s’ajoutait à une autre mobilisation similaire, la veille, dans les Pyrénées-Orientales, où une centaine de personnes avaient tenté d’empêcher l’abattage d’un autre troupeau concerné par la DNC. La contestation contre la stratégie sanitaire se poursuit alors que l’État réaffirme sa volonté d’endiguer une maladie jugée extrêmement contagieuse dans les élevages bovins.

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