Une grève générale d’une ampleur inédite depuis plus de dix ans a paralysé le Portugal jeudi, provoquant l’arrêt complet du trafic ferroviaire, l’annulation de centaines de vols et la fermeture de nombreuses écoles. Les deux principaux syndicats du pays, la CGTP et l’UGT, ont appelé à cette mobilisation contre la vaste réforme du travail proposée par le gouvernement de centre-droit.
Le projet prévoit la modification de plus de 100 articles du code du travail, avec pour objectif déclaré d’accroître la productivité et de soutenir la croissance économique. Les organisations syndicales dénoncent toutefois une réforme qui, selon elles, renforce le pouvoir des employeurs au détriment des travailleurs, alors que le pays connaît une économie dynamique et un taux de chômage faible.
Dans les transports, les perturbations ont été massives. Le trafic ferroviaire a été totalement interrompu, tandis que la compagnie aérienne TAP n’a pu assurer qu’un tiers de ses vols. Les transports publics urbains ont fonctionné de manière partielle en raison des obligations de service minimum, mais les rues de Lisbonne sont restées anormalement calmes.
Le secteur de la santé a également été affecté. Si les hôpitaux sont restés ouverts, la plupart des opérations et des consultations ont dû être reportées en raison de la participation du personnel soignant à la grève.
Tiago Oliveira, secrétaire général de la CGTP, a appelé les travailleurs à se mobiliser massivement pour rejeter la réforme, affirmant qu’elle constitue une menace directe pour les droits sociaux. Le texte, encore en cours d’examen, devrait toutefois être adopté grâce au soutien du parti d’extrême droite Chega.
Cette journée de mobilisation marque un moment fort de contestation sociale, révélant les tensions croissantes entre gouvernement et syndicats autour de l’avenir du marché du travail portugais.