Le Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que son pays ne bloquerait pas une éventuelle victoire de la Turquie pour accueillir le sommet climatique COP31 en 2026, soulignant qu’un blocage prolongé nuirait à l’unité nécessaire pour soutenir les nations insulaires du Pacifique, parmi les plus exposées aux effets du changement climatique. L’Australie et la Turquie avaient toutes deux déposé leur candidature en 2022 et aucune n’a jusqu’ici renoncé.
Plus tôt cette semaine, Albanese avait déjà écarté l’idée d’une co-organisation, rappelant que les règles des Nations unies ne permettent pas d’hôtes conjoints pour la COP. Mais face aux inquiétudes croissantes exprimées par plusieurs pays notamment des États du Pacifique à propos d’un éventuel blocage, il a adopté un ton plus conciliant mardi. Beaucoup craignent en effet qu’un désaccord persistant empêche la formation d’un front diplomatique uni pour renforcer les engagements climatiques globaux.
« Si l’Australie n’est pas choisie et que la Turquie l’est, nous ne chercherons pas à y opposer notre veto. Ce que nous voulons, c’est garantir que le Pacifique en bénéficie », a affirmé Albanese devant la presse. Il a précisé qu’il poursuivait le dialogue « non seulement avec la Turquie, mais aussi avec d’autres pays » afin de s’assurer que les intérêts des nations insulaires soient protégés.
Un porte-parole du gouvernement australien a toutefois insisté sur le fait que Canberra n’avait pas renoncé à sa candidature, et s’attendait à ce que la Turquie ne bloque pas l’Australie si celle-ci obtenait le soutien du groupe régional. « Si la Turquie était choisie, nous ne bloquerions pas sa candidature. Mais la Turquie n’a pas été choisie. L’Australie bénéficie d’un soutien massif », a-t-il déclaré.
L’Australie fait campagne pour accueillir la COP31 aux côtés des nations insulaires du Pacifique, regroupées au sein du Forum des îles du Pacifique, qui compte 18 membres. Nombre de ces États sont en première ligne face à la montée du niveau de la mer et réclament un renforcement du financement climatique ainsi que des engagements plus ambitieux en matière de réduction des émissions.
Selon les règles de l’ONU, le groupe régional « Europe occidentale et autres pays » auquel appartiennent à la fois l’Australie et la Turquie doit parvenir à une décision unanime. Le consensus doit être trouvé lors de la COP30, actuellement en cours à Belém, au Brésil, et qui doit se conclure vendredi. À défaut d’accord, la conférence reviendrait automatiquement à Bonn, en Allemagne, siège de la Convention-cadre des Nations unies sur le climat, bien que Berlin ait déjà exprimé sa réticence à accueillir l’événement.