LFI annonce une marche contre le racisme le 3 mai à Paris après un rassemblement à Saint-Denis
LFI annonce une marche contre le racisme le 3 mai à Paris après un rassemblement à Saint-Denis

Samedi, à Saint-Denis, la place avait des airs de démonstration de force. Environ 6 000 personnes, selon les organisateurs, ont répondu à l’appel à un rassemblement contre le racisme et les discriminations, lancé par le nouveau maire LFI de la ville, Bally Bagayoko. Associations, syndicats, figures politiques de gauche… tout ce petit monde s’est retrouvé au même endroit, avec une idée simple, occuper le terrain.

Dans la foule, les visages connus n’étaient pas venus faire de la figuration. Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Eric Coquerel et une délégation du Parti socialiste ont pris place dans une séquence que La France insoumise veut visiblement installer dans la durée. Le message est calibré, rassembler large, afficher l’unité à gauche, donner un débouché politique à une inquiétude réelle sur les discriminations et la hausse des actes racistes et antisémites.

Saint-Denis, rampe de lancement d’une mobilisation nationale

Saint-Denis, rampe de lancement d’une mobilisation nationale À la tribune, Bally Bagayoko a lui-même donné le ton, racontant une « campagne de haine » visant sa personne depuis son élection au premier tour, le 15 mars. Il a aussi accusé « l’irresponsabilité d’un ensemble de médias racistes », selon des propos rapportés par franceinfo, avant de faire scander « Résistance ! » à plusieurs reprises. Une rhétorique de combat, efficace pour souder un public convaincu, plus risquée quand il s’agit de parler à ceux qui regardent la scène de loin et n’aiment ni les anathèmes ni les procès d’intention.

LFI n’a pas attendu que les pancartes soient rangées pour annoncer la suite. Sur X, le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel a fixé un nouveau rendez-vous, « le 3 mai pour marcher à Paris contre le racisme ». Cette date vise à déplacer le centre de gravité, quitter le cadre local de Saint-Denis pour installer un mot d’ordre national et attirer des relais associatifs et syndicaux au-delà du département.

Reste le défi, transformer l’émotion en mobilisation durable sans donner le sentiment d’une récupération partisane. Paris, terrain plus exposé et plus disputé, sera un test grandeur nature pour mesurer l’écho réel de l’appel et la capacité de LFI à élargir sa base sans braquer. Le 3 mai dira si l’élan de Saint-Denis était un pic ou le début d’une séquence appelée à compter dans le débat public.

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