Le nouveau président du Pérou, José Jeri, a investi mardi les principaux membres de son gouvernement, marquant le premier pas concret de son administration depuis sa prise de fonctions la semaine dernière, à la suite de la destitution de Dina Boluarte. Ce remaniement illustre la volonté du chef d’État de recentrer son action sur la sécurité, la stabilité politique et la relance économique.
Parmi les nominations phares, Ernesto Alvarez, ancien président de la Cour constitutionnelle du Pérou, a été désigné Premier ministre et chef du cabinet. Âgé de 64 ans, Alvarez, juriste respecté, a siégé à la Cour de 2007 à 2014 et en a assuré la présidence en 2012. Sa nomination est perçue comme un signal de continuité institutionnelle et de respect des équilibres démocratiques après une période de turbulences politiques.
Denisse Miralles, ancienne vice-ministre de l’Économie, a été nommée ministre de l’Économie et des Finances. Réputée pour son orientation libérale et sa défense du libre marché, elle aura pour mission de stabiliser les finances publiques et de restaurer la confiance des investisseurs, dans un contexte de ralentissement économique.
Hugo de Zela, diplomate chevronné et ancien ambassadeur du Pérou aux États-Unis, a été nommé ministre des Affaires étrangères. Son expérience diplomatique devrait permettre au nouveau gouvernement de renforcer les relations internationales du pays, notamment avec Washington et les partenaires régionaux.
José Jeri, 38 ans, a également fait de la lutte contre l’insécurité sa priorité absolue. Il a nommé Vicente Tiburcio, général de police à la retraite et ancien chef d’une unité antiterroriste, au poste stratégique de ministre de l’Intérieur. Cette nomination vise à répondre à la montée de la criminalité et à la recrudescence des violences qui préoccupent fortement la population péruvienne.
En formant un cabinet composé de figures expérimentées et d’experts techniques, Jeri cherche à projeter une image de fermeté et de compétence. Son gouvernement devra néanmoins faire face à un Parlement fragmenté et à une opinion publique divisée, dans un pays marqué par une succession de crises politiques depuis plusieurs années.