Une cour d’appel tunisienne a condamné plusieurs dirigeants de l’opposition, des avocats et des hommes d’affaires à des peines allant de cinq à quarante-cinq ans de prison dans le cadre d’une affaire de complot visant à renverser le président Kaïs Saïed. Selon un document judiciaire consulté, quarante personnes ont été inculpées, dont vingt ont fui le pays et ont été condamnées par contumace.
Cette procédure est considérée par de nombreuses organisations de défense des droits humains comme un nouvel épisode de la répression politique qui s’est intensifiée depuis que Saïed s’est octroyé des pouvoirs exceptionnels en 2021. Human Rights Watch et Amnesty International affirment que cette affaire marque une escalade notable dans la mise au pas de la dissidence, alors que journalistes, opposants et militants sont régulièrement emprisonnés et que des ONG indépendantes ont été suspendues.
Du côté de la défense, les avocats dénoncent un procès à motivation politique. Mokthar Jmai, l’un des représentants des accusés, a critiqué ce qu’il décrit comme une instrumentalisation de la justice pour neutraliser les adversaires du pouvoir, qualifiant la procédure de farce judiciaire et estimant qu’elle visait clairement à éliminer les voix critiques du régime.
Les verdicts s’inscrivent dans un climat de tensions croissantes autour du paysage politique tunisien, où l’opposition accuse le président d’enterrer les acquis démocratiques obtenus après la révolution de 2011.