Déroute pour les macronistes : le RN fait exclure l’éolien et le solaire de la stratégie énergétique
Déroute pour les macronistes : le RN fait exclure l’éolien et le solaire de la stratégie énergétique

Coup de tonnerre à l’Assemblée nationale : la majorité présidentielle a subi un revers cinglant lundi soir lors de l’examen de la proposition de loi sur la programmation énergétique. Avec seulement une vingtaine de députés présents, les macronistes ont été largement débordés par un Rassemblement national mobilisé en masse, qui a imposé plusieurs amendements clés, notamment l’exclusion des énergies éolienne et solaire des objectifs de déploiement des énergies bas carbone.

L’extrême droite impose sa vision énergétique

Le texte, porté par le sénateur Daniel Gremillet, visait à structurer la feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035. Mais dès les premières heures, le RN a pris la main sur les débats, obtenant l’adoption de plusieurs amendements contre l’avis du gouvernement. L’un d’eux, porté par Henri Alfandari et amendé par l’extrême droite, redéfinit les énergies décarbonées en excluant explicitement l’éolien et le solaire, pourtant soutenus par l’exécutif.

Dans l’hémicycle, le rapporteur Antoine Armand a tenté de contenir la fronde, appelant le gouvernement à surseoir à la publication du décret prévu cet été. Sans succès : l’opposition, unie autour du RN, de LFI et des communistes, a imposé une nouvelle version de l’article 1, redonnant du pouvoir à EDF et instaurant un retour des tarifs réglementés de vente du gaz et de l’électricité, avec une indexation sur les coûts de production.

La gauche a dénoncé une remise en cause profonde de la place des énergies renouvelables dans le mix énergétique français. Les socialistes ont plaidé pour huit nouveaux EPR d’ici 2035, mais ont regretté la suppression de toute cible chiffrée pour les renouvelables. Le PS et LFI accusent l’exécutif de contourner la démocratie parlementaire en accélérant la publication du décret.

Marine Le Pen s’est félicitée de « victoires majeures » obtenues dès le premier soir des débats. Le bras de fer entre Parlement et gouvernement est désormais ouvert, alors que le texte sera discuté jusqu’à vendredi, avec en ligne de mire la question explosive du nucléaire.

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