Un projet d’attentat visant Vladimir Ossetchkine, opposant russe installé en France depuis 2015, a été déjoué en début de semaine. Le parquet national antiterroriste a ouvert une information judiciaire hier jeudi 16 octobre, après l’interpellation de quatre hommes suspectés d’avoir préparé une action violente contre lui. Les suspects, âgés de 26 à 38 ans, ont été arrêtés lundi en Loire-Atlantique et en région parisienne avant d’être placés en garde à vue. Ils doivent être présentés à un magistrat instructeur pour une mise en examen dans le cadre d’une « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes ». Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.
Des repérages près du domicile de la cible
Selon les premiers éléments de l’enquête, au moins trois des quatre suspects sont originaires du Daghestan, une république du Caucase rattachée à la Fédération de Russie. Les investigations ont permis d’établir qu’ils s’étaient rendus à Biarritz en avril dernier, où ils auraient filmé et observé les abords du domicile de Vladimir Ossetchkine. Ces enregistrements ont été retrouvés dans leurs téléphones. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer la nature exacte du projet et les éventuels commanditaires. Réfugié en France depuis près de dix ans, Vladimir Ossetchkine s’est fait connaître pour ses enquêtes sur les violations des droits de l’homme et les violences dans le système carcéral russe. Fondateur du site Gulagu.net, il dénonce régulièrement les exactions commises en Russie et affirme vivre sous protection depuis plusieurs menaces de mort.
Un opposant sous haute surveillance
Recherché par Moscou depuis 2020, Ossetchkine se présente comme militant et journaliste, mais son profil divise. Certains médias russes l’ont accusé d’entretenir des liens avec le FSB, les services secrets de son pays d’origine, ce qu’il a toujours nié. En 2022, il avait déjà affirmé avoir échappé à une tentative d’assassinat organisée, selon lui, par les autorités russes. Cette nouvelle affaire renforce le sentiment de menace qui pèse sur les dissidents russes exilés en Europe. Plusieurs cas récents, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, ont montré la capacité de réseaux étrangers à planifier des opérations ciblées. Pour l’heure, les autorités françaises restent prudentes, mais la justice antiterroriste considère ce dossier comme hautement sensible. Les quatre suspects, soupçonnés d’avoir participé à la préparation de ce projet d’attentat, devraient être entendus dans les prochains jours par les juges d’instruction du tribunal de Paris.