Annulation du Festival d’Angoulême 2026 : la rupture consommée entre 9e Art+ et les financeurs publics
Annulation du Festival d’Angoulême 2026 : la rupture consommée entre 9e Art+ et les financeurs publics

Vingt anciens récipiendaires du Grand Prix d’Angoulême sonnent l’alarme : dans une tribune parue lundi 10 novembre dans L’Humanité, ils jugent le Festival international de la bande dessinée « en danger de mort » et réclament un virage « rapide et profond ». Leur cible est clairement désignée : 9eArt+, délégataire historique reconduit samedi à l’issue d’un appel d’offres très contesté, qu’ils appellent à écarter au profit d’opérateurs nouveaux.

Une tribune de poids contre 9eArt+

Signée notamment par Anouk Ricard, Lewis Trondheim, Jacques Tardi ou Riad Sattouf, la tribune de L’Humanité dénonce l’« accumulation de scandales », des « erreurs de communication » et « un manque d’ambition » accompagnés d’une gestion jugée opaque. Les auteurs estiment qu’il faut « tourner la page de 9eArt+ » pour restaurer les valeurs qui ont bâti la renommée internationale du festival. Dans le même temps, la société, aux commandes depuis 2007, a été maintenue comme organisateur, avec l’obligation de s’associer à la Cité internationale de la BD pour les éditions à partir de 2028, une concession qui ne suffit pas à calmer les critiques formulées par les signataires de L’Humanité.

Le contexte est explosif : après une édition 2025 marquée par une crise de confiance, une partie de la profession fustige des dérives commerciales et un manque de transparence. Le mot d’ordre des signataires est clair changer d’opérateur pour rebâtir la confiance et leur prise de parole publique, via L’Humanité, donne un relief inédit à une contestation déjà forte dans le milieu.

Boycott, crise de gouvernance et ultimatum institutionnel

Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se multiplient et des autrices comme Pénélope Bagieu ou Catherine Meurisse relaient la colère d’un secteur qui ne veut plus « faire comme si ». Anouk Ricard, Grand Prix 2025, dit être « effarée » par la reconduction du délégataire et confirme qu’elle n’ira pas à la prochaine édition. La défiance s’enracine également dans des affaires internes : 9eArt+ est accusée d’avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024 ; une information judiciaire est ouverte sur ces faits et l’intéressée conteste son licenciement devant les prud’hommes, a-t-on appris par l’AFP.

L’État suit de près le dossier : le ministère de la culture a fait savoir à l’AFP que « les contours des éditions futures restent flous » malgré les efforts des financeurs publics. La Cité internationale de la BD et 9eArt+ doivent présenter d’ici au 20 novembre un projet commun, un ultimatum institutionnel qui conditionnera la position finale du ministère. À ce stade, l’édition 2026 est programmée du 29 janvier au 1er février un calendrier qui pourrait se dérouler sous la menace d’un boycott si la gouvernance ne change pas de cap.

Que retenir rapidement ?

Vingt anciens récipiendaires du Grand Prix d’Angoulême sonnent l’alarme : dans une tribune parue lundi 10 novembre dans L’Humanité, ils jugent le Festival

Partager