Interdits de manif’ en mer ? Qu’à cela ne tienne : ils lèveront les les voiles quand même. En dépit de l’arrêté préfectoral publié jeudi 22 mai interdisant toute mobilisation maritime dans l’archipel des Glénan, le collectif Levons les Voiles a confirmé ce vendredi qu’il maintenait son rassemblement prévu ce week-end au large de Concarneau, dans le Finistère. Et l’armada est bien décidée à faire cap sur l’île du Loc’h, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. « La flottille aura lieu, dans des conditions de sécurité et de respect du milieu », a assuré sur Mouv’ Lawryn Remaud, membre d’ATTAC, co-organisateur de l’événement. Ce week-end de mobilisation, qui mêle concerts, débats, spectacles et un lancement de livre (Déborder Bolloré), culmine samedi 24 mai avec une mobilisation nautique contre ce que les organisateurs qualifient de « tentacules médiatiques et industriels » du groupe Bolloré.
Une riposte symbolique sur fond de privatisation et d’idéologie
La préfecture maritime justifie son interdiction par l’absence de déclaration préalable et les risques écologiques dans une zone protégée Natura 2000. Mais pour les militants, il n’est pas question de reculer. Ils dénoncent la privatisation d’un espace naturel comme l’île du Loc’h, ainsi que la présence sur place de Marc de Caqueray, ex-figure de groupuscules d’extrême droite dissous, aujourd’hui gardien de l’île. Autant de raisons de braver la houle préfectorale. « Personne ne nous empêchera de lever les voiles contre l’empire Bolloré », martèle le collectif dans un communiqué. Plus d’une centaine de bateaux sont attendus, une escadrille militante bien décidée à jeter l’ancre… dans le jardin privé d’un des hommes les plus puissants de France.