La Hongrie a annoncé qu’elle opposerait son veto au 20e train de sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a déclaré que Budapest empêcherait l’adoption du paquet lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères.
« Nous bloquerons cette décision », a-t-il affirmé, conditionnant le feu vert hongrois au rétablissement des livraisons de pétrole russe vers son pays. « Tant que les Ukrainiens ne permettront pas les livraisons de pétrole à la Hongrie, nous n’autoriserons pas l’adoption de décisions importantes pour eux », a-t-il ajouté.
Le point de tension concerne l’oléoduc Droujba, qui traverse l’Ukraine avant d’acheminer du pétrole russe vers la Slovaquie et la Hongrie. Kiev a indiqué que l’infrastructure avait été endommagée fin janvier par des frappes russes à Brody.
Après l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Union européenne a interdit la majorité des importations de pétrole russe. Toutefois, l’oléoduc Droujba a bénéficié d’une exemption temporaire afin de permettre aux pays d’Europe centrale, très dépendants de ce flux, de diversifier leurs approvisionnements. La Hongrie continue depuis d’importer du pétrole russe par cette voie.
Début février, la Commission européenne a proposé un nouveau train de sanctions ciblant notamment les secteurs bancaire et énergétique russes, ainsi que de nouvelles restrictions à l’exportation et à l’importation. Bruxelles souhaite également activer pour la première fois son instrument « anticoercition », qui permettrait d’interdire l’exportation de certains équipements sensibles – comme des machines-outils à commande numérique ou des radios – vers des pays susceptibles de les réexporter vers la Russie.
L’adoption du paquet requiert l’unanimité des 27 États membres. La position de Budapest menace donc de retarder, voire d’empêcher, l’entrée en vigueur des nouvelles mesures.
Sous la direction du Premier ministre Viktor Orban, la Hongrie a à plusieurs reprises exprimé ses réserves à l’égard des sanctions européennes contre Moscou, invoquant la défense de ses intérêts énergétiques et économiques. Ce nouveau blocage illustre les divisions persistantes au sein de l’UE sur la stratégie à adopter face à la Russie.