L’Union européenne doit se préparer à assumer seule une part bien plus importante de sa sécurité, a estimé dimanche son commissaire à la défense. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et d’incertitudes sur l’engagement futur des États-Unis, l’idée d’un outil militaire commun refait surface au plus haut niveau européen.
Une force permanente pour combler un possible vide américain
L’hypothèse avancée serait celle d’un contingent européen structuré et durable, pouvant atteindre 100 000 soldats, destiné à compenser un éventuel retrait des troupes américaines du continent. Selon le commissaire, l’Europe ne peut plus faire l’économie d’une réflexion sur sa capacité à protéger seule ses territoires, ses frontières et ses alliés, alors que Washington appelle ses partenaires à prendre davantage de responsabilités.
Au-delà des forces armées, le responsable européen plaide aussi pour la création d’un conseil de sécurité continental, réunissant un nombre restreint d’États clés, afin de raccourcir les délais de décision en matière de défense. Cette instance aurait notamment pour mission de coordonner une réponse européenne plus efficace à la guerre en Ukraine, devenue, selon lui, un test décisif de la crédibilité stratégique de l’Union.