Le ciel européen aura rarement été aussi chaotique. Grèves à répétition, congestion des hubs, opérations perturbées : les compagnies aériennes ont accumulé les retards tout au long de l’année, et le bilan dévoilé par Flightright témoigne d’une dégradation nette de la ponctualité. L’étude, menée sur plus de onze mois de trafic, montre que les compagnies historiques ne s’en sortent pas mieux que les low cost, avec des performances globalement en recul par rapport à l’an dernier. Les données compilées permettent de dresser un état des lieux contrasté, où certaines compagnies plongent tandis que d’autres limitent la casse. Au sommet du classement des mauvais élèves, TAP Air Portugal se distingue à nouveau par un taux de retards particulièrement élevé. Près d’un vol sur deux est arrivé en décalage, une proportion nettement supérieure à celle enregistrée l’an passé. D’autres opérateurs majeurs suivent la même trajectoire, à commencer par EasyJet, qui voit la moitié de son trafic fortement perturbé. Ryanair, pourtant habituée à de bons résultats, enregistre, elle aussi, une explosion de ses retards, avec une progression qui traduit l’impact des mouvements sociaux et des dérèglements opérationnels. Les analystes observent ainsi une augmentation générale des vols retardés, signe que les compagnies ont dû absorber une année marquée par des tensions multiples sur le transport aérien.
Une ponctualité en berne, même chez les compagnies historiques
Les compagnies traditionnelles ne se démarquent pas vraiment. British Airways, Air France, Swiss et KLM affichent des taux de retard élevés, parfois proches de ceux des acteurs à bas coût. La compagnie française se situe autour de 37 %, une proportion qui confirme un essoufflement des performances, tandis que sa consœur néerlandaise maintient un niveau plus modéré mais se retrouve en tête d’un autre classement, celui des annulations. La tendance se répète en Europe du Nord, où SAS et Lufthansa enregistrent elles aussi une baisse de ponctualité malgré des opérations généralement réputées plus stables. Seule exception notable, Vueling, qui parvient à contenir ses retards et se classe parmi les plus ponctuelles avec un taux d’environ 21 %. Les perturbations ont été amplifiées par un trafic particulièrement dense et une série de grèves, notamment en France, qui ont fortement compromis les plans de vol des compagnies low cost. L’ensemble du secteur a subi une pression croissante, révélatrice d’une difficulté persistante à absorber les aléas dans un espace aérien déjà saturé. Cette fragilité opérationnelle se retrouve également dans les statistiques d’annulations, où certaines compagnies voient leurs résultats se dégrader sensiblement par rapport à l’année précédente.
Des annulations limitées mais un trafic sous tension
Si les annulations restent relativement rares comparées aux retards, elles ne sont pas pour autant anecdotiques. KLM se place en tête des compagnies les plus touchées, avec une part significative de vols supprimés. Air France, qui figurait plutôt en retrait l’année précédente, enregistre une hausse notable des annulations, un phénomène partagé par plusieurs grands opérateurs européens. British Airways suit de près, confirmant que les compagnies historiques ont elles aussi traversé une année agitée. À l’inverse, les low cost s’en sortent plutôt bien sur ce terrain. Vueling, EasyJet et Ryanair maintiennent des niveaux d’annulation plus faibles, même si leur important volume d’activité peut faire grimper rapidement les chiffres absolus. Les règles européennes d’indemnisation rappellent que ces perturbations ont un coût direct pour les transporteurs, en plus de l’impact sur l’expérience passagers.