Le 1er décembre 1918, la Roumanie célèbre l’entrée triomphale du roi Ferdinand Ier et de la reine Maria dans Bucarest libérée, aux côtés du général français Henri Berthelot. Cet événement marque symboliquement la réunification des provinces roumaines et l’achèvement d’un long combat national entamé pendant la Grande Guerre. Choisie en 1990 comme fête nationale, cette date incarne la naissance de la Grande Roumanie et rappelle l’étroite fraternité d’armes entre la France et la Roumanie.
Une libération rendue possible par l’offensive alliée
Au début du conflit mondial, la Roumanie reste prudente et attend 1916 pour rejoindre l’Entente, espérant libérer la Transylvanie austro-hongroise. L’offensive tourne rapidement à la catastrophe : Bucarest tombe, l’armée recule, et l’effondrement du front russe pousse le pays à signer une paix défavorable en mai 1918.
Pourtant, la même année, la situation se retourne. Depuis Salonique, une immense armée alliée de 700 000 hommes, commandée par le général français Franchet d’Esperey, brise en septembre le front des puissances centrales. Parmi ces troupes figurent des Serbes, Grecs, Britanniques, Italiens, Monténégrins, Portugais, Polonais… et surtout 220 000 soldats français. Les grandes villes balkaniques tombent successivement : Skopje, Tirana, Belgrade, Sofia.
Rappelé sur le front, le général Berthelot prend la tête de l’Armée du Danube et fonce vers la Roumanie. Le 17 novembre 1918, les premiers contingents français, accompagnés de soldats roumains revenus au combat, entrent en vainqueurs dans Bucarest.
La Grande Union, fondement de l’État moderne
Le 1er décembre 1918, quelques jours après la libération de la capitale, le roi Ferdinand, la reine Maria et le général Berthelot font leur entrée officielle dans Bucarest. Cette date célèbre non seulement la fin de l’occupation ennemie, mais aussi l’unification des provinces roumainophones : Transylvanie, Bessarabie et Bucovine du Nord.
C’est l’acte fondateur de la Grande Roumanie, État agrandi et reconnu parmi les vainqueurs de la guerre. Après la chute du communisme en 1989, cette journée devient fête nationale : elle incarne l’unité du pays, mais rappelle aussi le prix payé — plus de 330 000 soldats roumains morts au combat.
Aujourd’hui encore, le 1er décembre est célébré dans tout le pays : défilés militaires sous l’Arc de Triomphe de Bucarest, cérémonies à Alba Iulia, concerts, illuminations et traditions populaires. À travers cette fête, la Roumanie honore à la fois son identité nationale et la profonde amitié nouée avec la France durant l’une des heures les plus décisives de son histoire.