Les conditions de vie dans le plus grand centre de détention pour migrants des États-Unis, situé à El Paso au Texas, suscitent un tollé après les révélations d’une élue démocrate. La représentante Veronica Escobar affirme que les détenus du camp East Montana, géré par le service fédéral de l’immigration (ICE), subissent un traitement indigne, confrontés à une eau insalubre, de la nourriture avariée et des soins médicaux insuffisants.
Dans une lettre adressée au département de la Sécurité intérieure (DHS), Escobar décrit une situation alarmante dans ce centre de tentes pouvant accueillir jusqu’à 5 000 personnes. Elle dénonce un environnement « dangereux et inhumain », affirmant qu’il ne s’agit « ni d’un lieu sûr, ni d’une installation gérée de manière professionnelle ». L’élue du Texas, qui suit le dossier depuis l’ouverture du camp en août, assure que les conditions se sont détériorées malgré ses précédentes alertes.
Selon ses témoignages, les détenus continuent de consommer une eau « au goût infect », tandis que la nourriture reste de mauvaise qualité. Les problèmes d’hygiène se multiplient, avec des refoulements d’égouts et des inondations dans certaines zones du camp. Seuls les détenus gravement malades auraient accès à l’infirmerie, tandis que les autres se voient refuser des soins adéquats.
Le DHS a contesté ces accusations dans un communiqué, affirmant que le centre respecte les normes fédérales en matière de détention d’immigrants. L’agence soutient que « tous les détenus bénéficient de repas adéquats, de soins médicaux et ont la possibilité de communiquer avec leurs avocats et leurs familles ». Une inspection fédérale menée en septembre avait déjà conclu à l’absence de violations majeures, une conclusion rejetée par les défenseurs des droits humains.
Construit pour un coût de 1,2 milliard de dollars, le camp East Montana fait partie de la stratégie de l’administration Trump pour désengorger les centres existants et accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière. Le président a promis de battre un « record d’expulsions », notamment de personnes ayant des antécédents criminels, une politique vivement critiquée par les démocrates, qui accusent les autorités de procéder à des arrestations massives sans discernement.
Des organisations de défense des droits des migrants ont également appelé à la fermeture d’autres centres de détention, notamment en Floride, où des conditions similaires ont été dénoncées. Pour Veronica Escobar, la situation au Texas illustre les dérives d’un système d’enfermement qui, selon elle, « viole la dignité humaine au nom du contrôle migratoire ». L’élue demande une enquête indépendante et une réforme en profondeur des pratiques de l’ICE, afin que « les États-Unis ne soient plus synonymes de souffrance pour ceux qui cherchent refuge ».