Un accord en Syrie pourrait lever le principal obstacle à la paix entre la Turquie et le PKK
Un accord en Syrie pourrait lever le principal obstacle à la paix entre la Turquie et le PKK

Un accord conclu en Syrie entre le gouvernement de Damas et les forces kurdes pourrait ouvrir une nouvelle fenêtre diplomatique pour la Turquie dans sa tentative de mettre fin à un conflit vieux de plusieurs décennies avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), selon des responsables et responsables politiques turcs.

Après plusieurs jours de combats, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont accepté de placer leurs structures civiles et militaires sous le contrôle du gouvernement syrien. Dès lundi, leurs combattants s’étaient retirés de vastes zones jusque-là administrées par les Kurdes, désormais reprises par les forces de Damas.

Ankara considère de longue date les FDS comme une extension du PKK, organisation classée terroriste en Turquie, aux États-Unis et dans l’Union européenne. Les autorités turques estiment que le contrôle exercé par les FDS sur une large bande frontalière syrienne constituait l’un des principaux freins à tout progrès dans le processus de paix avec le PKK, qui avait pourtant annoncé en mai dernier sa décision de déposer les armes.

Pour le pouvoir turc, l’accord syrien change donc la donne. Omer Celik, porte-parole du parti AKP du président Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que les récents développements en Syrie avaient « contrecarré » les tentatives visant à saboter les efforts de paix en Turquie. Des responsables du parti nationaliste MHP, allié du gouvernement, ont également jugé que l’accord aurait un impact positif sur la dynamique intérieure.

Des sources sécuritaires turques ont qualifié l’entente conclue en Syrie de « tournant historique », soulignant que la stabilisation du pays voisin était essentielle à l’objectif d’Ankara d’éradiquer le terrorisme. Depuis 1984, le conflit entre l’État turc et le PKK a fait plus de 40 000 morts, selon les chiffres officiels.

Malgré l’annonce du désarmement du PKK l’an dernier, peu de progrès concrets avaient été observés jusqu’ici. Une commission parlementaire turque chargée de préparer d’éventuelles réformes n’a, à ce stade, livré que peu d’éléments sur les mesures juridiques envisagées pour accompagner un processus de paix durable.

Pour certains analystes, l’accord syrien marque surtout la fin des espoirs kurdes d’une large autonomie dans le nord de la Syrie. Il renforcerait le pouvoir central à Damas tout en affaiblissant durablement le PKK et les aspirations indépendantistes kurdes, une évolution qui pourrait, à terme, servir les intérêts stratégiques de la Turquie.

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