Le Parlement singapourien doit débattre mercredi de la destitution de Pritam Singh, chef de l’opposition officielle, à la suite de sa condamnation pour faux témoignage devant une commission parlementaire. Cette initiative marque une étape majeure dans une affaire qui secoue la vie politique de la cité-État.
La motion a été déposée par Indranee Rajah, cheffe de la Chambre et membre du parti au pouvoir, le Parti d’action populaire (PAP). Elle vise à déclarer Pritam Singh inapte à continuer d’exercer les fonctions de chef de l’opposition, en raison d’un comportement jugé « déshonorant et indigne » à la lumière de sa condamnation pénale.
Âgé de 49 ans, Pritam Singh est devenu en 2020 le premier chef de l’opposition officielle de Singapour depuis l’indépendance du pays en 1965, après que son Parti des travailleurs a remporté suffisamment de sièges pour obtenir ce statut inédit. Lors des élections générales de cette année-là, le parti avait décroché cinq sièges supplémentaires, portant son total à dix.
En février 2025, un tribunal l’a reconnu coupable de deux chefs d’accusation pour avoir menti sous serment devant une commission parlementaire en 2021, au sujet des déclarations d’une autre députée de son parti, Raeesah Khan, qui avait elle-même admis avoir menti au Parlement. Condamné à une amende, Pritam Singh avait ainsi évité la perte automatique de son siège et une inéligibilité aux élections générales de 2025. Son recours en appel a toutefois été rejeté en décembre.
Indranee Rajah a indiqué que cette affaire pourrait également avoir des « répercussions » pour d’autres responsables du Parti des travailleurs, notamment sa présidente Sylvia Lim et son vice-président Faisal Manap. Selon elle, le Parlement doit désormais déterminer la « réponse appropriée » à adopter face à la conduite et aux condamnations du chef de l’opposition.
Le débat intervient dans un contexte politique dominé par le PAP, qui a remporté en 2025 ses quatorzièmes élections générales consécutives, conservant 87 des 97 sièges parlementaires. Indranee Rajah a insisté sur la gravité du mensonge sous serment, estimant que Singapour ne pouvait tolérer des pratiques observées ailleurs où, selon elle, des dirigeants échappent à toute conséquence politique ou judiciaire après avoir menti. L’issue du débat pourrait redéfinir le rôle et l’avenir de l’opposition officielle dans le système politique singapourien.