Une panne radio de près de huit heures survenue début janvier dans les aéroports grecs, qui a entraîné la fermeture de l’espace aérien et le déroutement de dizaines de vols, serait principalement liée à des systèmes de communication obsolètes, et non à une cyberattaque, selon un rapport officiel rendu public mardi.
Le 4 janvier, les contrôleurs aériens ont perdu le contact avec la majorité des avions à destination ou au-dessus de la Grèce, les fréquences radio étant perturbées par des parasites. Les autorités ont alors ordonné le dégagement de l’espace aérien, une mesure exceptionnelle que des experts ont qualifiée de sans précédent dans le pays.
La commission d’enquête, composée de cinq membres et mandatée par le gouvernement, indique que l’incident est survenu après une désynchronisation de plusieurs systèmes, provoquant une rupture des communications entre les tours de contrôle et les appareils. Si la cause exacte demeure floue, le rapport conclut à un « faible risque » pour la sécurité aérienne, soulignant que pilotes et contrôleurs ont réagi de manière appropriée et que l’hypothèse d’une attaque informatique a été exclue.
Les enquêteurs mettent en revanche en cause le système de communication vocale de l’Autorité grecque de l’aviation civile, ainsi que l’infrastructure de télécommunications associée, décrits comme reposant sur des technologies dépassées, non prises en charge par les fabricants et sans garanties opérationnelles. Selon le rapport, l’opérateur OTE avait déjà alerté dès 2019 sur la nécessité de moderniser ces équipements.
Le document recommande une mise à niveau des émetteurs-récepteurs, des ajustements techniques supplémentaires et la création d’un mécanisme de gestion de crise coordonné entre l’aviation civile et l’opérateur télécoms. Le ministère des Transports assure que les systèmes restent conformes aux normes de l’Union européenne et rappelle qu’un vaste plan de modernisation est en cours, avec une échéance fixée à 2028.
Les syndicats du secteur, qui réclament depuis des années des investissements urgents, estiment toutefois que la situation demeure dangereuse, en particulier dans un contexte de forte croissance touristique. Ils ont affirmé mercredi que le rapport « justifie pleinement » leurs protestations, alors que des millions de voyageurs transitent chaque année par les aéroports grecs.