Le Dr William Foege, figure clé de l’éradication de la variole, est décédé
Le Dr William Foege, figure clé de l’éradication de la variole, est décédé

Le Dr William Foege, l’un des principaux artisans de l’éradication mondiale de la variole, est décédé samedi à Atlanta à l’âge de 89 ans, a annoncé la Task Force for Global Health, qu’il avait cofondée.

Médecin à l’intelligence reconnue et au tempérament calme, William Foege a marqué l’histoire de la santé publique par sa capacité à lutter efficacement contre les maladies infectieuses. Il a dirigé les Centers for Disease Control and Prevention à la fin des années 1970 et au début des années 1980, avant d’occuper plusieurs postes de premier plan dans des campagnes internationales de santé.

Son apport majeur reste toutefois son rôle décisif dans l’éradication de la variole, l’une des maladies les plus meurtrières de l’histoire humaine. Pendant des siècles, elle a tué environ un tiers des personnes infectées et laissé de profondes cicatrices à de nombreux survivants. Si la vaccination était déjà répandue dans les pays occidentaux lorsque Foege était un jeune médecin, la maladie continuait de sévir ailleurs et les efforts pour l’éliminer stagnaient.

Dans les années 1960, alors qu’il travaillait comme missionnaire médical au Nigeria, Foege et ses collègues ont mis au point une stratégie dite de « confinement en anneau ». Cette méthode consistait à identifier chaque cas de variole et à vacciner rapidement toutes les personnes ayant été en contact avec les patients. Cette approche, fondée sur un travail d’enquête rapide et précis, répondait à une contrainte majeure : le manque de doses de vaccin disponibles à l’échelle mondiale.

La stratégie s’est révélée déterminante. Le dernier cas naturel de variole a été recensé en Somalie en 1977, et en 1980, l’Organisation mondiale de la santé a officiellement déclaré la variole éradiquée. « Si l’on se base sur le nombre de vies sauvées, il figure au sommet du panthéon », a estimé l’ancien directeur du CDC Tom Frieden, rappelant que l’éradication de la variole a permis d’éviter des centaines de millions de décès.

Né le 12 mars 1936, William Foege s’est intéressé très tôt à la médecine. Diplômé de l’Université de Washington en 1961, puis titulaire d’un master de santé publique à Harvard en 1965, il a ensuite occupé des fonctions de direction au Carter Center et à la Fondation Bill et Melinda Gates.

En 2012, le président Barack Obama lui a remis la Médaille de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Quatre ans plus tard, l’université Duke l’a qualifié de « père de la santé mondiale » lors de l’attribution d’un doctorat honorifique.

« Bill Foege avait un engagement indéfectible pour améliorer la santé des populations à travers le monde, en s’appuyant sur la science et des coalitions efficaces », a salué le PDG de la Task Force for Global Health, Patrick O’Carroll.

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