Le président indonésien Prabowo Subianto a proposé la nomination de son neveu, Thomas Djiwandono, au poste de gouverneur adjoint de la banque centrale, une décision qui suscite des inquiétudes sur l’indépendance de l’institution au moment où le gouvernement affiche des ambitions économiques élevées.
Les marchés ont réagi avec nervosité à cette annonce. La roupie indonésienne a touché un plus bas niveau en neuf mois face au dollar, dans un contexte déjà marqué par l’incertitude liée à la politique commerciale américaine et aux préoccupations concernant l’aggravation du déficit budgétaire du pays.
Thomas Djiwandono, actuellement vice-ministre des Finances, figure parmi trois candidats dont les noms ont été transmis au Parlement pour remplacer un vice-gouverneur démissionnaire de la Banque d’Indonésie. Cette démission anticipée a renforcé les spéculations sur une volonté de l’exécutif d’accroître son influence sur la politique monétaire.
Le ministre des Finances a toutefois assuré que la banque centrale resterait indépendante, rejetant l’idée que ce choix affaiblirait la crédibilité de l’institution. Selon lui, la coordination accrue entre politiques budgétaire et monétaire vise avant tout à soutenir la croissance, sans remettre en cause l’autonomie décisionnelle de la banque centrale.
Les analystes restent partagés. Certains estiment que cette nomination pourrait limiter la marge de manœuvre de la banque centrale, notamment dans sa capacité à relever les taux pour défendre la monnaie. D’autres soulignent que Djiwandono possède une formation académique solide et une expérience administrative suffisante pour assumer ces fonctions.
Cette controverse intervient alors que l’Indonésie vise une croissance économique de 8 % d’ici 2029, contre environ 5 % actuellement. Un objectif ambitieux qui accentue la pression sur les institutions économiques du pays et place l’indépendance de la banque centrale au cœur du débat politique et financier.