Dans le Tarn, des singes capucins s’échappent d’un zoo fermé et sèment l’inquiétude 
Dans le Tarn, des singes capucins s’échappent d’un zoo fermé et sèment l’inquiétude 

La scène aurait pu prêter à sourire si elle n’avait pas soulevé de lourdes questions de sécurité et de responsabilité. Hier mercredi, des habitants de Montredon-Labessonnié ont aperçu un singe capucin se déplaçant librement sur les toits puis dans les jardins du village. L’animal, visiblement peu effrayé, a été vu jouant avec des branches avant de disparaître dans la rue, sous les yeux de riverains surpris et de gendarmes déjà mobilisés pour le retrouver. Très vite, l’origine de cette divagation est apparue évidente. Le singe provenait du zoo des 3 Vallées, un établissement situé à proximité, fermé administrativement depuis plusieurs mois par décision préfectorale. Selon les autorités, il ne s’agirait pas d’un animal échappé par négligence, mais d’une fuite consécutive à un acte volontaire. Les premières constatations font état d’une clôture vandalisée, permettant la sortie d’au moins deux singes capucins. La situation a suscité une vive inquiétude parmi les habitants. Dans une commune rurale peu habituée à ce type d’événement, la présence d’animaux exotiques en liberté a rapidement alimenté rumeurs et interrogations. Le maire a publiquement exprimé son incompréhension, soulignant qu’aucun particulier ne détenait de singes dans le secteur et que la provenance ne faisait guère de doute. L’hypothèse d’une intrusion extérieure dans le zoo, potentiellement motivée par des contenus diffusés sur les réseaux sociaux, a été évoquée sans être confirmée à ce stade.

Vandalisme, enquête et responsabilités pointées

Le lendemain de la fugue, le préfet du Tarn a confirmé que les animaux avaient été libérés à la suite d’un acte de vandalisme sur les installations du zoo. Une plainte a été déposée et une enquête judiciaire ouverte afin d’identifier les auteurs de cette intrusion. Les autorités ont insisté sur le caractère inacceptable de tels agissements, rappelant que ce type d’action mettait directement en danger les animaux eux-mêmes, mais aussi les habitants. Si certains riverains ont relativisé la situation, rappelant qu’il s’agissait de capucins et non de fauves, l’incident a ravivé des inquiétudes plus profondes. Plusieurs habitants ont indiqué ne plus entendre de rugissements depuis plusieurs semaines, laissant planer un doute sur le sort des animaux plus dangereux qui se trouvaient autrefois dans l’enceinte du parc. La fermeture du zoo, prononcée par arrêté préfectoral en septembre 2025, avait en effet été assortie d’obligations strictes concernant l’évacuation progressive des animaux. Sur ce point, les services de l’État reconnaissent des retards importants de la part de l’exploitant. Selon le préfet, l’évacuation des animaux les plus en souffrance n’a pu être réalisée qu’à la suite d’une opération administrative lourde organisée en décembre, faute d’initiative suffisante du gestionnaire. Depuis, ce dernier se serait engagé à procéder lui-même au transfert des animaux restants, mais la situation demeure inachevée. Les autorités entendent désormais remettre la pression sur le propriétaire du zoo afin que le site soit définitivement vidé de ses pensionnaires. L’objectif affiché est de clore un dossier devenu sensible, tant sur le plan du bien-être animal que sur celui de la sécurité publique. En attendant, les forces de l’ordre, les pompiers et les agents de l’Office français de la biodiversité poursuivaient leurs recherches pour localiser et récupérer les singes en fuite.

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