Le 26 janvier 1788, onze navires britanniques connus sous le nom de First Fleet accostent sur la côte de la Nouvelle-Galles du Sud, après plus de huit mois de mer. À leur bord : des marins et des soldats, mais surtout des “convicts”, condamnés de droit commun que Londres choisit d’exiler à l’autre bout du monde. Ce débarquement, d’abord envisagé comme une solution pratique au surpeuplement des prisons, marque le début d’une colonisation durable.
Une colonie pénitentiaire au bout du monde
Privée de ses anciennes colonies d’Amérique, l’Angleterre cherche un nouveau territoire pour y reléguer ceux que la justice condamne, parfois pour des délits mineurs. Sous le commandement d’Arthur Phillip, l’expédition arrive d’abord vers Botany Bay, célèbre depuis les récits de James Cook, mais jugée rapidement peu accueillante : mouillage exposé, eau douce insuffisante, terres difficiles. La flotte remonte alors jusqu’à une baie plus sûre, Port Jackson, où naît bientôt la future Sydney.
Des débuts rudes, une date devenue symbole
Les premières années sont marquées par la faim, les maladies, le manque de compétences agricoles et une discipline dure, entre nécessité de survie et répression. Avec le temps, l’arrivée du 26 janvier devient un repère fondateur, célébré dès le XIXᵉ siècle et transformé en fête nationale : l’Australia Day. Mais cette commémoration reste contestée : pour de nombreux Australiens autochtones, elle rappelle surtout le commencement d’une dépossession et d’un bouleversement irréversible de leurs sociétés.