« Ballade au-dessus de l’abîme » : l’écrivaine Clarice Lispector racontée en mots et en musique au Théâtre du Soleil
« Ballade au-dessus de l’abîme » : l’écrivaine Clarice Lispector racontée en mots et en musique au Théâtre du Soleil

Cent ans après la naissance de Clarice Lispector, la Cartoucherie rend hommage à l’autrice brésilienne avec Ballade au-dessus de l’abîme, une lecture théâtrale et musicale présentée au Théâtre du Soleil jusqu’au 1er février 2026. Le spectacle prend la forme d’un monologue porté par la comédienne Maria Fernanda Cândido, accompagnée au piano par Sonia Rubinsky, dans une mise en scène de Maurice Durozier.

Quatre textes pour traverser une vie d’exil, de langue et de spiritualité

Le projet, conçu autour d’adaptations réalisées par Catarina Brandão, assemble plusieurs écrits de Clarice Lispector pour faire entendre ses obsessions : la famille, l’enfance, la foi, le féminin, mais surtout le rapport presque douloureux à l’écriture. Dans cette traversée, l’autrice évoque aussi ses origines : née à Tchetchelnyk, dans l’actuelle Ukraine, elle arrive enfant au Brésil après la fuite de ses parents juifs, selon le récit présenté sur scène. La parole passe d’un souvenir intime à une méditation plus large sur la vocation littéraire, dans un décor volontairement dépouillé où cohabitent table d’écrivaine et piano.

Rachmaninov et Villa-Lobos comme deuxième narration

La musique n’est pas un simple accompagnement : elle dialogue avec le texte et en prolonge les tensions, comme une narration parallèle, selon la note de présentation du spectacle. Sonia Rubinsky interprète notamment la Sonate n°2 de Rachmaninov, ainsi que des pages de compositeurs brésiliens – Villa-Lobos et Nepomuceno – qui balisent le parcours émotionnel. Ce choix d’un répertoire mêlant romantisme et couleurs brésiliennes renforce le va-et-vient entre l’intime et le monde, entre l’exil et l’ancrage, et donne à l’ensemble l’allure d’un portrait sensible plus que d’une biographie chronologique.

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