Ankara salue un « tournant historique » après l’accord entre Damas et les forces kurdes
Ankara salue un « tournant historique » après l’accord entre Damas et les forces kurdes

La Turquie considère l’accord d’intégration conclu entre le gouvernement syrien et les forces kurdes comme un « tournant historique », selon des sources sécuritaires turques. En amont de cette entente, les services de renseignement d’Ankara auraient joué un rôle actif pour encourager la retenue des différentes parties et faciliter un compromis jugé déterminant pour l’avenir de la Syrie.

Soutien clé du président syrien Ahmed al-Charia, Ankara voit dans cet accord un pas essentiel vers le rétablissement de l’autorité de l’État syrien sur l’ensemble du territoire. Les mêmes sources estiment que cette dynamique sert également les objectifs sécuritaires de la Turquie, notamment sa volonté de lutter contre le terrorisme et d’avancer sur la voie d’un règlement avec le Parti des travailleurs du Kurdistan, organisation interdite par Ankara.

La Turquie avait auparavant menacé de lancer une opération militaire contre les Forces démocratiques syriennes si celles-ci refusaient de se placer sous l’autorité du pouvoir central. Dimanche, Damas et les FDS ont finalement scellé un accord de grande ampleur prévoyant l’intégration des structures civiles et militaires kurdes au sein de l’État syrien, mettant fin à plusieurs jours d’affrontements.

Ces combats avaient permis aux troupes syriennes de reprendre des territoires stratégiques, dont des champs pétroliers clés. Selon les sources turques, l’accord ne remet pas en cause la poursuite de la lutte contre le groupe État islamique en Syrie, qui devrait se poursuivre sans interruption malgré la nouvelle architecture sécuritaire.

Les services de renseignement turcs, le MIT, auraient multiplié les contacts avant la conclusion de l’accord, notamment avec les États-Unis, qui ont joué un rôle de médiateur, ainsi qu’avec le gouvernement syrien. L’objectif affiché était de préserver les civils et les infrastructures critiques et d’éviter une escalade régionale.

Pour Ankara, cette entente pourrait ouvrir une nouvelle phase de stabilisation en Syrie, tout en réduisant les risques d’un conflit direct avec les forces kurdes. Les autorités turques y voient un précédent susceptible de redessiner les équilibres sécuritaires dans le nord de la Syrie et au-delà.

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