Rodrigo Paz prend les rênes d’une Bolivie en crise, entre réserves épuisées et Congrès divisé (AP)
Rodrigo Paz prend les rênes d’une Bolivie en crise, entre réserves épuisées et Congrès divisé (AP)

Le président élu de Bolivie, Rodrigo Paz, prêtera serment samedi à La Paz, héritant d’un pays au bord de la faillite et d’un parlement profondément fragmenté. L’ancien sénateur centriste du Parti démocrate-chrétien entame son mandat dans un contexte économique critique, avec des réserves de change quasi nulles et une inflation dépassant les 20 %.

Sa victoire au second tour du 19 octobre marque la fin de près de vingt ans de domination du Mouvement vers le socialisme (MAS) fondé par Evo Morales. Mais malgré son succès électoral, Paz ne dispose d’aucune majorité dans les deux chambres du Parlement. Il devra composer avec une mosaïque de partis, dont plusieurs formations pro-entreprises et de droite susceptibles de soutenir son programme de réformes.

L’un de ses premiers défis sera de trouver des financements extérieurs pour éviter un effondrement économique. La Bolivie, productrice de gaz naturel et de céréales, souffre d’une pénurie sévère de carburant et de devises après des années de déclin de la production et de désinvestissement étranger. « Lorsque Paz prendra ses fonctions, il ne disposera d’aucune réserve à la banque centrale pour importer du carburant », a prévenu l’économiste Juan Sola, tout en soulignant la volonté du FMI et de la Banque interaméricaine de développement d’appuyer la transition.

Le nouveau président s’est engagé à réduire progressivement les subventions énergétiques, en commençant par le diesel pour le secteur agricole, tout en maintenant les programmes sociaux hérités de ses prédécesseurs. Il plaide pour un modèle économique mixte, combinant l’investissement privé et une politique sociale équilibrée.

Les observateurs s’attendent à ce que Paz doive rapidement présenter un plan d’ajustement économique, susceptible de susciter des tensions sociales. Le risque de contestation est réel, mais son entourage affirme qu’il entend dialoguer avec toutes les forces politiques pour éviter une crise institutionnelle.

Sur le plan diplomatique, Paz bénéficie déjà du soutien affiché de plusieurs partenaires régionaux et d’institutions financières internationales. Sa capacité à bâtir des alliances solides au sein du Congrès sera toutefois déterminante pour la survie de son gouvernement et la stabilisation d’une économie bolivienne fragilisée comme jamais depuis deux décennies.

Que retenir rapidement ?

Le président élu de Bolivie, Rodrigo Paz, prêtera serment samedi à La Paz, héritant d’un pays au bord de la faillite et d’un parlement profondément fragmen

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