Le Chili se prépare à élire son président le plus à droite depuis la dictature de Pinochet (AP)
Le Chili se prépare à élire son président le plus à droite depuis la dictature de Pinochet (AP)

Porté par une nette avance dans les sondages et par un électorat focalisé sur la sécurité, le candidat d’extrême droite José Antonio Kast apparaît comme le grand favori du second tour de l’élection présidentielle chilienne prévu dimanche. S’il l’emporte, il deviendra le dirigeant le plus conservateur du pays depuis la fin de la dictature militaire d’Augusto Pinochet.

Kast affronte Jeannette Jara, candidate de la coalition de gauche au pouvoir et membre du Parti communiste. Ce duel symbolise un affrontement idéologique frontal entre une droite dure promettant ordre et fermeté, et une gauche issue du gouvernement sortant, qui tente de défendre ses réformes sociales dans un climat de mécontentement croissant.

Une victoire de Kast constituerait un bouleversement politique majeur au Chili, pays longtemps présenté comme l’un des plus stables de la région. Elle s’inscrirait aussi dans une dynamique régionale marquée par la montée de gouvernements de droite ou d’extrême droite en Amérique latine, où le débat public s’est déplacé des revendications d’égalité vers les promesses de rétablir la sécurité.

Pour de nombreux électeurs, la criminalité, la violence et l’immigration irrégulière sont devenues des préoccupations dominantes, reléguant au second plan les grandes mobilisations sociales qui avaient secoué le pays il y a quelques années autour des questions d’inégalités, d’éducation et de réforme constitutionnelle. Kast a capitalisé sur ce changement de priorités en promettant une ligne dure en matière de sécurité et de contrôle des frontières.

Face à lui, Jeannette Jara tente de rallier l’électorat centriste en mettant en garde contre un retour à des politiques autoritaires et en défendant l’héritage social du gouvernement sortant. Mais les enquêtes d’opinion suggèrent que la demande de fermeté, en particulier sur la délinquance et l’immigration, pourrait peser davantage dans les urnes que la peur d’un virage conservateur radical.

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