Les derniers chiffres publiés par l’Ifop pour Lyon Capitale confirment une dynamique devenue impossible à nier : Jean-Michel Aulas domine très largement la course aux municipales 2026. Avec 47 % des intentions de vote au premier tour, l’ancien patron de l’Olympique lyonnais survole un paysage politique où ses concurrents semblent incapables d’enrayer sa progression.
Face à lui, le maire sortant Grégory Doucet ne recueille que 27 %, signe d’un affaissement spectaculaire de la majorité écologiste, pourtant triomphante en 2020. Les autres candidats restent marginaux : 9 % pour Anaïs Belouassa-Cherifi, 7 % pour Georges Képénékian, 6 % pour Alexandre Dupalais et 4 % pour Nathalie Perrin-Gilbert. Au second tour, l’écart devient abyssal : 61 % pour Aulas contre 39 % à Doucet.
Une droite rassemblée et une lassitude massive envers les écologistes
Depuis son entrée en scène au printemps, Jean-Michel Aulas impose un tempo politique que personne n’était prêt à suivre. Propulsé par une coalition allant de la droite au centre, il se nourrit d’un accueil enthousiaste sur le terrain, où les appels à « libérer » Lyon de la gestion écologiste se multiplient. Ses adversaires, eux, peinent à masquer leur fébrilité. Chez les Verts, l’ambiance oscille entre doutes, résignation et critiques internes sur les méthodes et le bilan du mandat : travaux interminables, congestion urbaine, politiques perçues comme culpabilisantes… Le rejet personnel du maire sortant, mesuré à plus de 57 % de désapprobation, achève de tendre le climat.
Pour les équipes écologistes, le réveil est tardif. Une entrée en campagne précipitée début novembre n’a pas suffi à rassurer, d’autant que la stratégie est jugée brouillonne jusque dans leurs rangs. À l’inverse, Aulas avance sans forcer, profitant de sa notoriété et d’une image d’homme d’action. Son programme complet ne sera dévoilé qu’à la fin de l’hiver, un choix assumé qui prive ses concurrents d’attaques directes.
Déjà trois sondages consécutifs donnent Aulas vainqueur très largement. À quatre mois du scrutin, le scénario d’un basculement historique de Lyon vers la droite regroupée derrière l’ex-patron de l’OL s’installe dans les esprits. Sauf coup de théâtre, l’élection de mars 2026 pourrait bien se jouer sur un score sans suspense.