Selon une enquête publiée ce mardi 28 octobre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 10 % des personnes âgées de 18 à 64 ans rencontrent des difficultés à l’écrit et 12 % en calcul. Ces lacunes, mesurées en 2022, ont des conséquences directes sur l’accès à l’emploi et sur les conditions de travail, touchant particulièrement les femmes et les personnes peu diplômées.
Des difficultés qui freinent l’insertion professionnelle
D’après l’étude, quatre personnes sur dix en difficulté à l’écrit ou en calcul sont aujourd’hui sans emploi. L’insertion sur le marché du travail est nettement plus compliquée pour ces profils, en particulier pour ceux dépourvus de diplôme ou n’ayant pas dépassé le niveau secondaire (CAP, BEP ou baccalauréat). À titre de comparaison, plus de huit personnes sur dix sans difficulté majeure maîtrisent un emploi. Les femmes apparaissent davantage pénalisées. Parmi celles qui rencontrent des difficultés à l’écrit, seules 42 % exercent une activité professionnelle, contre 78 % des hommes dans la même situation. Ces écarts traduisent une double vulnérabilité : celle de la formation initiale et celle des inégalités persistantes entre les sexes sur le marché du travail.
Une concentration dans les emplois peu qualifiés
Les personnes ayant des difficultés à l’écrit ou en calcul se retrouvent massivement dans les métiers les moins qualifiés. L’Insee indique que 57 % des salariés en difficulté avec le calcul et 52 % de ceux en difficulté à l’écrit occupent des postes d’ouvriers ou d’employés peu qualifiés, contre seulement 38 % parmi les salariés n’ayant pas de difficultés. L’étude met également en évidence une dimension genrée du phénomène. Si les emplois ouvriers peu qualifiés sont relativement mixtes, les postes d’employés peu qualifiés restent très majoritairement féminins, accentuant les inégalités d’accès à des emplois mieux rémunérés ou à perspectives d’évolution. Pour l’Insee, ces chiffres rappellent l’importance de renforcer la formation continue et la lutte contre l’illettrisme, dans un contexte où la maîtrise de l’écrit et du calcul demeure une condition essentielle d’intégration sociale et professionnelle.