Le gouvernement s’apprête à modifier en profondeur le calendrier de versement des allocations familiales majorées, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale adopté de justesse en décembre. La mesure prévoit de repousser de 14 à 18 ans l’âge à partir duquel les familles perçoivent un complément lié à l’âge de l’enfant. Elle s’appliquera aux foyers dont les enfants atteindront 14 ans à partir de 2026, sans remettre en cause les droits déjà ouverts.
Aujourd’hui, cette majoration, modulée selon les revenus, vise à compenser l’augmentation des dépenses à l’adolescence. Son report privera les ménages concernés de plusieurs centaines d’euros par an, avec un impact particulièrement marqué pour les foyers modestes, qui peuvent actuellement percevoir jusqu’à plus de 70 euros mensuels supplémentaires.
Une économie progressive pour équilibrer le budget social
L’exécutif assume ce choix budgétaire, estimant que la majorité constitue un seuil plus cohérent pour déclencher ce complément. Mais l’enjeu est surtout financier. Le report doit permettre de dégager rapidement des marges de manœuvre, avec des économies évaluées à plusieurs centaines de millions d’euros par an et appelées à augmenter au fil des générations concernées.
Ces sommes doivent servir à financer la montée en charge du futur congé de naissance, dont l’entrée en vigueur est prévue à l’été 2026. À l’horizon 2030, le rendement budgétaire de la réforme dépasserait le milliard d’euros annuel, soit un montant largement supérieur au coût estimé de cette nouvelle prestation, faisant des allocations familiales l’un des leviers centraux du redressement des comptes sociaux.