Le Parlement polonais a maintenu vendredi le veto présidentiel sur un projet de loi visant à réguler plus strictement le marché des cryptomonnaies, infligeant un revers au gouvernement du Premier ministre Donald Tusk. Ce dernier avait pourtant averti que les services de renseignement russes exploitaient activement les failles du secteur pour financer leurs opérations, appelant les députés à surmonter leurs divergences pour des raisons de sécurité nationale.
Le gouvernement n’a pas réussi à rassembler la majorité nécessaire pour annuler le veto présidentiel, laissant la législation actuelle inchangée. Le projet de loi rejeté visait à renforcer la surveillance des transactions et à imposer des règles strictes aux plateformes d’échange, dans un contexte d’inquiétude croissante en Europe quant à l’utilisation des cryptomonnaies par des acteurs hostiles.
Tusk avait affirmé que le marché polonais des cryptos était particulièrement vulnérable à l’ingérence russe, estimant que les services de renseignement de Moscou y trouvaient un terrain propice pour dissimuler des flux financiers. Il avait exhorté le Parlement à adopter le texte, arguant que l’absence de régulation renforcée pouvait mettre en péril la sécurité nationale et les alliances de la Pologne au sein de l’OTAN et de l’UE.
Les opposants au projet de loi ont cependant défendu leur position en affirmant que le texte aurait pénalisé de manière disproportionnée les entreprises polonaises du secteur, risquant d’asphyxier un marché en croissance et de pousser les investisseurs vers des juridictions plus souples. Ils ont également critiqué une régulation jugée trop lourde et mal calibrée, susceptible de freiner l’innovation technologique.
Cette impasse parlementaire laisse en suspens la question de la vulnérabilité du marché polonais des cryptomonnaies, dans un contexte géopolitique tendu où les soupçons d’ingérence russe restent élevés. Elle souligne également les divisions persistantes au sein du paysage politique polonais, où les considérations économiques et sécuritaires peinent à trouver un terrain d’entente.