Le Nobel Ales Bialiatski, désormais libre, alerte sur un retour du Bélarus à l’ère soviétique (AP)
Le Nobel Ales Bialiatski, désormais libre, alerte sur un retour du Bélarus à l’ère soviétique (AP)

Le militant biélorusse des droits humains Ales Bialiatski, lauréat du prix Nobel de la paix 2022, estime que le Bélarus est en train de replonger dans une logique rappelant l’époque soviétique, après plusieurs années passées en détention. Libéré samedi dans le cadre d’un accord négocié par les États-Unis, il s’est exprimé depuis l’exil à Vilnius.

Arrêté en 2021, Bialiatski a été détenu dans une colonie pénitentiaire, sans accès libre à l’information. Il explique n’avoir appris l’attribution de son prix Nobel que de manière fortuite, par d’autres détenus. À l’époque, il dit ne pas avoir cru cette annonce, tant elle lui paraissait improbable dans le contexte de son emprisonnement.

Figure centrale de la défense des droits humains au Bélarus depuis des décennies, Bialiatski considère que la répression actuelle s’est intensifiée depuis les manifestations massives de 2020 contre le président Alexandre Loukachenko. Selon lui, le pays connaît une fermeture politique et sociale profonde, marquée par la peur, la surveillance et l’emprisonnement de nombreux opposants et militants.

Malgré son élargissement, il estime que la situation intérieure reste sombre et que le travail des défenseurs des droits humains sera long et difficile. D’après lui, les militants biélorusses devront faire preuve de patience et de persévérance face à un système qu’il juge de plus en plus autoritaire.

Bialiatski a toutefois souligné que sa libération, tout comme celle d’autres prisonniers politiques, constitue un signal d’espoir, même limité, et rappelle selon lui l’importance de la pression internationale pour obtenir des avancées, même modestes, sur le terrain des droits fondamentaux.

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