Attendu en salles le 7 janvier 2026, Tout va bien suit cinq adolescent.es arrivé.es seul.es à Marseille après avoir traversé déserts et mer. Le documentaire de Thomas Ellis choisit de s’installer dans leur présent plutôt que de rejouer le trajet : des visages, des routines, des appels à la famille où revient la même phrase, “tout va bien”, comme un bouclier et une promesse.
Un quotidien marseillais entre protection et suspicion
Le film accompagne Junior, Aminata, Khalil, Tidiane et Abdoulaye dans la période la plus fragile, celle de l’installation et de la reconnaissance. On les voit se débattre avec la machine administrative, notamment les convocations, l’attente et les procédures qui déterminent leur statut. Certaines séquences montrent aussi les tests osseux utilisés pour établir la minorité, et l’inquiétude qu’ils font peser sur l’avenir. Autour d’eux, éducateurs et travailleurs sociaux apparaissent comme des points d’appui, mais l’ambiance peut basculer quand la preuve de “mériter” sa place semble devoir être apportée à chaque étape.
En parallèle, le documentaire s’attarde sur ce qui construit une nouvelle vie : apprendre le français, s’accrocher à l’école, viser un examen, commencer une formation et faire ses premiers pas en stage. Selon un article de franceinfo Culture, le film montre aussi le lien familial maintenu à distance, avec des conversations où se mêlent encouragements, inquiétudes et parfois tensions, comme lorsqu’Aminata affronte l’incompréhension de sa mère restée en Guinée.
La mer en fil rouge, un film pensé pour être vu en classe
Marseille n’est pas qu’un décor : la Méditerranée traverse le film comme un horizon omniprésent, à la fois souvenir muet et espace où les corps se relâchent, entre plages et calanques. Le dispositif reste volontairement pudique, sans voix off ni “leçon”, et privilégie l’immersion par les sensations, les silences et la bande-son. Selon À Terre, la musique a été travaillée avec l’Opéra de Marseille, mêlant sonorités classiques et contemporaines aux bruits de la ville pour renforcer cette approche sensible.
Tout va bien a aussi une ambition pédagogique assumée. D’après franceinfo Culture, le réalisateur présente déjà le film dans des établissements scolaires et environ 10 000 collégiens et lycéens ont assisté à des projections. À Terre précise que des séances-débats sont programmées jusqu’au printemps, avec un dispositif soutenu par des associations comme SOS MEDITERRANEE et placé sous le haut patronage du ministère de l’Éducation nationale. Une manière de déplacer le regard : montrer d’abord des adolescents qui vivent, apprennent et se projettent, sans réduire leur histoire à un simple fait divers migratoire.