Qui est Maria Grazia Chiuri, nouvelle cheffe d’orchestre de Fendi ?
Qui est Maria Grazia Chiuri, nouvelle cheffe d’orchestre de Fendi ?

À Milan, la Fashion Week a marqué un tournant pour Fendi : Maria Grazia Chiuri y a dévoilé sa première collection depuis sa nomination à la direction artistique. Une arrivée scrutée de près, dans une maison romaine où la créatrice a fait ses débuts, et qui entend désormais accélérer sa relance sur le segment mode, accessoires compris.

De ses débuts chez les sœurs Fendi à la méthode “portable”

Maria Grazia Chiuri n’arrive pas en terrain inconnu. Elle a commencé sa carrière auprès des sœurs Fendi, d’abord dans l’univers des accessoires, avant de construire un parcours qui l’a menée au sommet du luxe. Chez Dior, elle a imposé une silhouette pensée pour être portée au quotidien : des pièces plus “réelles”, une grammaire féministe assumée et une stratégie d’accessoires capables de devenir des best-sellers. Cette approche, elle la transpose aujourd’hui chez Fendi avec une idée simple : renouer avec l’allure d’une femme active, capable de passer d’un atelier à une soirée sans changer de personnage, ni de garde-robe.

Son premier défilé milanais en donne une traduction concrète : tailleurs pantalons amples, vestes courtes structurées, robes plus légères et détails plus sensuels. Les sacs, eux, sont remis au centre, avec une relecture de la Baguette pensée pour parler au présent. La collection cherche ainsi à faire le lien entre héritage et désir, en jouant sur les contrastes entre rigueur et fluidité.

La fourrure retravaillée, entre héritage et ligne de crête

Le point le plus commenté reste le retour de la fourrure, remise en scène via des pièces recomposées. Fendi a présenté cette démarche comme une “régénération” des matières, décrite par la marque dans un communiqué comme un acte qui s’oppose à la standardisation et à l’hyperconsumérisme, et qui réclame un niveau d’artisanat supérieur à la confection “ex novo” (c’est-à-dire en partant de zéro). Dans la rue, l’ambiance était moins consensuelle : selon l’AFP, une poignée de militants a manifesté devant le siège milanais de la maison pour réclamer l’interdiction de la fourrure durant la Fashion Week.

Chiuri revendique aussi une lecture plus “mixte” de la silhouette : dans une déclaration au magazine Vogue, elle explique vouloir “rendre” à la maison ce qu’elle lui a transmis, tout en cherchant à dépasser les frontières entre vestiaire féminin et masculin. Une manière de poser, dès cette première sortie, un cap clair : une Fendi plus tactile, plus incarnée, et construite pour durer dans la rue autant que sur le podium.

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