Les associations Mousse et STOP homophobie ont déposé, vendredi 9 janvier 2026, une nouvelle plainte auprès du Procureur de la République de Paris visant l’ouvrage La voie du musulman, publié par les Éditions Maison d’Ennour Touba.
Cette démarche fait suite à la mise sur le marché, en 2025, d’une édition de poche présentée comme « revue et corrigée », portant un dépôt légal au deuxième trimestre 2025. Pour les associations, cette nouvelle diffusion constitue un fait distinct des éditions antérieures et justifie une relance de l’alerte judiciaire.
Des passages jugés pénalement répréhensibles
Selon Mousse et STOP homophobie, plusieurs extraits de cette édition comporteraient des appels explicites à la violence : recours aux armes, justification de violences à l’encontre des femmes, et mise à mort des personnes homosexuelles. Les plaignants estiment que ces propos pourraient relever de la provocation publique au terrorisme (article 421-2-5 du Code pénal) et de la provocation publique à la haine ou à la violence fondée sur le sexe ou l’orientation sexuelle (article 24 de la loi du 29 juillet 1881).
Les passages incriminés s’articulent autour de trois axes principaux : l’appel à la violence armée contre un « ennemi », la légitimation de violences au sein du couple, et la prescription de la lapidation pour les personnes homosexuelles.
Un précédent judiciaire classé sans suite
Une première plainte avait été déposée en 2021 par les mêmes associations. Elle avait été classée sans suite en 2022, notamment en raison des délais de prescription applicables aux infractions de presse. À la suite de cette procédure, les associations avaient sollicité les plateformes de diffusion afin de faire cesser la commercialisation du livre. Dans un courrier de juin 2021, Amazon avait indiqué ne pas pouvoir retirer l’ouvrage en l’absence de décision judiciaire.
Une nouvelle édition au cœur du dossier
Pour les associations, la réédition de 2025 ouvre un nouveau cadre juridique : la remise en circulation d’un texte comportant des formulations inchangées accroîtrait l’exposition du public à des propos qu’elles considèrent comme des appels explicites à la violence. Elles demandent désormais l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les responsables de l’édition, de la publication et de la diffusion, ainsi que la mise en œuvre de mesures pour empêcher la poursuite de la commercialisation.
Une alerte élargie à d’autres ouvrages
Dans le même temps, un autre livre, Péchés et guérisons, publié en 2018 aux Éditions Tawbah, a récemment fait l’objet d’un signalement au parquet de Paris au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. Les associations y voient la confirmation d’une problématique plus large et appellent à une réponse pénale cohérente face à des textes qui, selon elles, dépassent le cadre de l’opinion religieuse pour relever de l’incitation à la violence.