Créée dans les années 1920 et présentée à Paris en 1926 au Théâtre Mogador, No, No, Nanette revient aujourd’hui comme un cadeau inespéré. Cette version des Frivolités Parisiennes assume pleinement ce qu’est l’œuvre : un vaudeville devenu comédie musicale, léger, farfelu, chantant, dansant, et délicieusement insouciant. Et c’est précisément ce qui la rend si réjouissante. Pendant deux heures, le spectacle nous replonge dans un monde de quiproquos, d’amours contrariées, de chantage absurde et de villa balnéaire envahie, avec une énergie contagieuse. Dans l’époque actuelle, cette déferlante de couleurs, de joie et de folie fait un bien fou.
Un retour aux Années folles merveilleusement assumé
L’intrigue a beau être d’une extravagance délicieuse — trois couples, trois amantes, une domestique acariâtre et tout ce petit monde qui finit par se retrouver sous le même toit —, la mise en scène ne traite jamais cette folie avec distance ou ironie sèche. Elle épouse au contraire la frivolité de l’œuvre avec panache. Résultat : le voyage dans le temps fonctionne à plein. On est vraiment transporté dans cette année 1926, dans ce moment d’après-guerre où l’on voulait danser, rire, séduire, oublier, vivre plus fort.
C’est là l’une des grandes réussites du spectacle : rendre justice à l’époque sans l’empailler. Les costumes, les couleurs, l’esprit balnéaire, l’élan collectif, tout participe à recréer un imaginaire des Années folles à la fois stylisé et vivant. Cette insouciance n’est jamais niaise ; elle devient presque précieuse. Le spectacle rappelle combien cette comédie musicale, créée en 1925 aux États-Unis avant de triompher à Broadway et à Londres, appartient à un moment où le divertissement savait être à la fois populaire, sophistiqué et follement généreux.
Un orchestre somptueux, des interprètes éclatants
L’autre bonheur immense de cette production, c’est la musique. Entendre cette partition jouée en direct par l’Orchestre des Frivolités Parisiennes est un pur ravissement. L’orchestre live est tout simplement divin : il donne à la soirée son souffle, son élégance, sa pulsation, sa tendresse aussi. Ces musiques ont quelque chose de délicieux, de pétillant, de soyeux, qui fait naître immédiatement le sourire. Et puis il y a ce plaisir très simple, très profond, d’entendre Tea for Two résonner dans la salle, moment suspendu et irrésistible.
Les interprètes, eux, portent ce tourbillon avec une aisance remarquable, brillants autant dans le jeu que dans la danse et, surtout, dans le chant. Lauren Van Kempen marque les esprits en Lucille avec une performance vocale élégante, notamment dans un très beau blues. Marion Préïté incarne une Nanette vive et lumineuse, tandis que Loaï Rahman impressionne par son dynamisme et sa présence en Tom Trainor. Ensemble, ils forment un duo crédible et attachant, particulièrement lors du délicieux « Tea for Two »… À voir jusqu’au 5 avril 2026 à l’Athénée théâtre à Paris.
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