Mort de Willie Colón, géant de la salsa et pilier du label Fania
Mort de Willie Colón, géant de la salsa et pilier du label Fania

La musique latine perd l’un de ses visages les plus marquants. Le tromboniste, arrangeur, chef d’orchestre et producteur américain Willie Colón est décédé samedi 21 février à l’âge de 75 ans. Sa famille a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il s’était éteint « paisiblement », entouré de ses proches, sans détailler la cause de sa mort, selon franceinfo Culture avec AFP.

Du South Bronx aux scènes du monde entier

Né dans le Bronx dans une famille portoricaine, Willie Colón a façonné un son new-yorkais où se croisent musiques afro-caribéennes, jazz et influences urbaines. D’après franceinfo Culture avec AFP, il débute la musique par la trompette avant de passer au trombone, puis sort un premier album chez Fania à la fin des années 1960, label qui jouera un rôle central dans l’essor international de la salsa. Le musicien multipliera ensuite les concerts, notamment en Amérique latine et aux Antilles, et endossera tour à tour les rôles de compositeur, chanteur, arrangeur et producteur.

Billboard, qui le décrit comme « l’un des architectes de la salsa », souligne qu’il a contribué à imposer le son Fania dans les années 1970 et qu’il n’est « peut-être » aucun autre artiste du label ayant autant incarné cette identité musicale. Le magazine rappelle également qu’il a laissé une discographie de plus de quarante albums, tout en multipliant les collaborations, notamment avec la chanteuse cubaine Celia Cruz et le Panaméen Rubén Blades.

Hommages et héritage d’une figure influente

Le décès a aussi déclenché une vague de réactions dans le milieu musical. Son manager de longue date, Pietro Carlos, a salué sur Facebook un artiste qui, selon lui, a transformé la salsa en la rendant plus narrative et plus ancrée dans la réalité des villes. Billboard rapporte par ailleurs une ancienne interview dans laquelle Colón expliquait que son univers visuel et ses thèmes reflétaient l’environnement rude de son quartier, marqué par la violence et la drogue, et son rapport constant aux institutions.

Selon Billboard, l’artiste a été distingué à plusieurs reprises, avec notamment une intronisation au Temple de la renommée internationale de la musique latine en 2000, un prix pour l’ensemble de sa carrière remis par l’Académie latine en 2004, et une entrée au Latin Songwriters Hall of Fame en 2019. La publication rappelle aussi que Billboard l’avait classé en 2015 parmi les artistes latins les plus influents. D’après franceinfo Culture avec AFP, l’ampleur de son influence se lit encore aujourd’hui, jusque dans les références de stars actuelles : Bad Bunny, qui cite Willie Colón dans un morceau, lui a rendu hommage sur scène à São Paulo en adressant « beaucoup de force » à sa famille.

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