« Les Courageux » : une mère borderline et ses trois enfants au bord de la rupture
« Les Courageux » : une mère borderline et ses trois enfants au bord de la rupture

En salles le 14 janvier 2026, Les Courageux marque les débuts au long-métrage de la réalisatrice suisse Jasmin Gordon. Ce drame de 80 minutes suit Jule, une mère solo incarnée par Ophélia Kolb, qui tente de tenir sa famille à flot dans une vallée suisse, entre débrouille, mensonges et décisions à haut risque.

Une cellule familiale soudée, mais toujours au bord de la rupture

Dans le film, Jule vit normalement avec ses trois enfants Claire, Loïc et Sami avant que leur quotidien bascule : elle les laisse dans un restaurant « cinq minutes », puis disparaît pendant des heures. Les enfants finissent par rentrer seuls à la maison, et Jule revient plus tard, étonnée de les retrouver là. Le scénario laisse volontairement beaucoup de zones d’ombre, mais fait affleurer quelques indices : des déménagements répétés et un bracelet électronique au poignet de la mère, qui suggère une vie cabossée et une situation judiciaire encore pesante.

La mise en scène colle au plus près de ce petit “bloc” familial, souvent filmé comme un seul organisme. La lumière estivale et les grands espaces contrastent avec une tension sourde, portée par les non-dits et une musique qui souligne ce qui se joue en arrière-plan. Le film insiste aussi sur l’isolement social de Jule : peu de relais, peu d’aide, et une impression que la société “ne fait pas de cadeau” à ceux qui sortent des cases.

Borderline, énigmatique, parfois frustrant

Jule avance à l’instinct, quitte à foncer dans le mur : pourquoi ne travaille-t-elle pas ? où va-t-elle quand elle disparaît ? pourquoi s’entête-t-elle à vouloir acheter une maison délabrée ? Autant de questions que le film laisse planer, et que franceinfo estime parfois trop peu éclairées, au risque de fatiguer à force de ne livrer que peu de clés sur son héroïne.

Reste une force : le jeu. Ophélia Kolb porte ce personnage de mère borderline avec une présence qui rend crédible la combinaison de tendresse et de danger. Et autour d’elle, les trois enfants sont décrits comme remarquablement naturels, attachés à leur mère malgré l’insécurité permanente. Dans ce décor de nature omniprésente la forêt, les reliefs, une sorte de “sauvage” à la porte le film laisse entendre qu’une échappée existe peut-être, même si elle a le goût amer des solutions de survie.

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