Festival du film d’histoire de Pessac – “Secret et Mensonge” résonne avec la baisse des subventions
Festival du film d’histoire de Pessac – “Secret et Mensonge” résonne avec la baisse des subventions

Du 18 au 23 novembre, le Festival du film d’histoire de Pessac a déroulé sa 35e édition au cinéma Jean Eustache, en banlieue bordelaise, avec un thème central : “Secret et Mensonge”. Une programmation pensée comme un miroir du monde contemporain, d’autant plus commentée que l’événement a appris, en début de semaine, une baisse drastique de ses subventions décidée par le Conseil départemental de la Gironde.

Lanceurs d’alerte, propagande et faussaires : le secret comme moteur de cinéma

Cette édition a présenté 51 films, du classique aux avant-premières, en explorant les mensonges dans les familles, les États et les médias, des fake news à la propagande. Le délégué général François Aymé résume l’idée avec une référence de cinéma : le secret et le mensonge fonctionnent comme un “MacGuffin” au sens hitchcockien, cet élément qui met l’intrigue en marche et pousse le récit à avancer.

Dans cette logique, le festival a mis en avant des figures devenues “héros” de grand écran : journalistes d’investigation à l’ancienne, mais aussi lanceurs d’alerte plus contemporains. L’événement a également accueilli des œuvres qui questionnent frontalement le pouvoir, les manipulations et les zones d’ombre de l’histoire, du scandale politique au récit d’espionnage.

“L’Affaire Bojarski”, Mitterrand filmé, secrets d’État : quand l’Histoire se raconte par ses non-dits

Parmi les films marquants, une avant-première annoncée avant sa sortie en salles le 14 janvier : L’Affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé, autour du destin d’un ingénieur polonais devenu faussaire d’exception, surnommé le “Cézanne de la fausse monnaie”. Le film suit l’enquête policière et décrit une France corsetée des années 1950-1960, tandis que l’histoire souligne aussi la dimension politique d’un crime vu comme une offense à la République, selon les éléments présentés à Pessac.

Le festival s’est aussi aventuré dans l’intimité du pouvoir avec un documentaire revenant sur un tournage au cœur de l’Élysée au temps de François Mitterrand, et sur la manière dont l’image peut être, elle aussi, une stratégie. Enfin, la programmation a ouvert la porte aux secrets d’État de l’après-guerre, avec des documentaires sur la fuite de nazis via des filières, et sur le recrutement discret de techniciens et savants allemands par la France entre 1945 et 1950 pour accélérer sa reconstruction, un épisode présenté comme un choix de realpolitik.

Au palmarès, le prix du public côté documentaires inédits a notamment distingué Elf, une affaire d’État, signe que la thématique des zones grises et des vérités difficiles continue de captiver, même quand la réalité budgétaire fragilise le cadre qui permet de les montrer.

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