Face aux critiques croissantes concernant l’influence des votes en faveur des candidats israéliens, les organisateurs de l’Eurovision modifient les règles du concours. L’Union européenne de radio-télévision (UER) a annoncé ce vendredi 21 novembre un durcissement des conditions de vote pour les prochaines éditions, en invoquant la nécessité de restaurer la « transparence » et de préserver la neutralité du concours.
Une réponse directe aux accusations de manipulation
Dès 2026, le nombre de votes que chaque spectateur pourra exprimer par téléphone, SMS ou internet passera de 20 à 10. Selon l’UER, cette mesure vise à limiter les effets d’un éventuel vote massif et coordonné, comme cela a été soupçonné ces dernières années au bénéfice des candidats israéliens. En 2025, l’interprète israélienne Yuval Raphael, survivante de l’attaque du 7 octobre, était arrivée deuxième, largement portée par les suffrages du public, alors que les jurys professionnels l’avaient peu soutenue. Un déséquilibre qui avait déclenché de vives protestations, notamment de la part de plusieurs diffuseurs européens.
Dans un communiqué relayé par Le HuffPost, Martin Green, directeur du Concours Eurovision de la Chanson, affirme vouloir « préserver un espace neutre, à l’abri de toute instrumentalisation politique ». L’UER insiste sur la validité des résultats de l’édition 2025, tout en reconnaissant que des garanties supplémentaires sont désormais indispensables.
Vers un encadrement renforcé et un vote sur Israël
Parmi les autres changements notables, les jurys professionnels feront leur retour dès les demi-finales. Absents à ce stade depuis 2022, ils seront désormais tenus de signer une déclaration d’impartialité. L’UER entend aussi dissuader toute campagne « disproportionnée », notamment si elle est soutenue par des gouvernements ou agences d’État. Ce point vise clairement les critiques visant Israël, accusé par des pays comme les Pays-Bas ou la Belgique d’avoir utilisé le concours comme outil diplomatique.
L’ambiance reste tendue : plusieurs pays, dont l’Espagne, l’Irlande ou encore la Suède, menacent de boycotter l’édition 2026 si Israël est maintenu dans la liste des participants. Certains évoquent même « des ingérences prouvées », comme l’a déclaré le diffuseur public néerlandais Avrotros, en référence à la situation à Gaza et aux pressions politiques exercées en coulisses. Un vote sur la participation israélienne pourrait être soumis aux diffuseurs membres lors de la prochaine assemblée générale de l’UER, prévue les 4 et 5 décembre. La liste finale des pays participants sera dévoilée avant Noël.