Pour ses débuts en haute couture chez Chanel, Matthieu Blazy a installé d’emblée une ambiance de conte. Le créateur franco-belge de 41 ans a présenté, mardi 27 janvier à Paris, une collection printemps-été 2026 pensée comme une respiration : transparente, légère, traversée de références au vivant, dans un décor spectaculaire sous la verrière du Grand Palais.
Une scénographie de sous-bois et un tailleur Chanel presque immatériel
La nef avait été transformée en forêt onirique, avec champignons géants et saules pleureurs roses, une mise en scène qui accompagnait le fil conducteur du défilé : une ode à la nature et à la poésie, selon l’AFP. Blazy a expliqué vouloir, avec ce premier vestiaire couture, “sonder et explorer le cœur de Chanel”, d’après un communiqué cité par l’AFP.
Au centre de cette entrée en matière : le tailleur, revisité en couches de mousseline de soie pastel, si transparente qu’elle laisse deviner une lingerie raffinée. Le motif du champignon, envoyé en pendentif sur l’invitation, s’est retrouvé jusqu’aux accessoires, notamment sur les talons de certains escarpins, toujours selon l’AFP. La même logique d’apesanteur irrigue des robes vaporeuses, des duos débardeur-jupe prolongés d’écharpes traînantes, et même un jean traité dans cet esprit aérien.
Des tweeds plumés jusqu’à une mariée en nuée blanche
Au fil des passages, la collection a gagné en densité : les étoffes se structurent, les tweeds s’installent, puis les plumes apparaissent d’abord en touches avant de prendre le pouvoir. Elles ourlent, soulignent, encerclent, puis recouvrent certaines silhouettes du soir, donnant l’impression d’une métamorphose en femmes-oiseaux, selon l’AFP.
Le final a respecté le rituel maison : une mariée, en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé de minuscules plumes blanches. Cette première haute couture a aussi attiré un premier rang très international, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penélope Cruz et Tilda Swinton, d’après l’AFP. Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy poursuit ainsi, après ses premiers pas très attendus chez Chanel en 2025, sa prise en main des codes de la maison — entre héritage couture et nouvelle grammaire de légèreté.