Le 5 novembre 1605, les autorités anglaises déjouent un vaste complot visant à faire exploser le Parlement de Westminster lors de son ouverture solennelle en présence du roi Jacques Ier Stuart. En fouillant les sous-sols du bâtiment, les enquêteurs découvrent des dizaines de barils de poudre et arrêtent un homme se faisant appeler John Johnson en réalité Guy Fawkes, soldat catholique expérimenté, chargé d’allumer la mèche. Ce projet, élaboré dans le plus grand secret, devait provoquer l’effondrement du pouvoir royal et permettre le retour d’un souverain catholique sur le trône d’Angleterre dans un pays profondément divisé par la question religieuse.
Un royaume fracturé par la religion
Depuis le schisme anglican du XVIᵉ siècle, les catholiques d’Angleterre vivent dans la défiance de l’État : amendes, restrictions civiles, surveillance. À l’avènement de Jacques Ier en 1603, beaucoup espèrent une politique plus tolérante. Mais très vite, le nouveau roi renforce à son tour les mesures contre la pratique catholique. Dans ce climat tendu, un groupe mené par Robert Catesby, issu d’une famille ancienne et ruinée par les amendes religieuses, décide de frapper un coup spectaculaire plutôt que d’attendre un changement politique incertain.
Faire sauter le Parlement
Le plan prévoit de détruire la Chambre des Lords au moment de l’arrivée du souverain et des principaux dignitaires du royaume. La mort du roi devait être suivie de l’enlèvement de ses enfants et du déclenchement d’un soulèvement dans les Midlands, fief de plusieurs conjurés. Parmi eux, des figures radicalisées et aguerries, dont Guy Fawkes, revenu des campagnes militaires sur le continent avec une solide connaissance des explosifs. Les complices louent un logement jouxtant Westminster et y entassent secrètement des barils de poudre dissimulés sous du bois et du charbon.
Une lettre qui fait tout basculer
Quelques jours avant l’ouverture du Parlement, un noble catholique reçoit un avertissement anonyme l’invitant à ne pas assister à la séance. L’information parvient au gouvernement, qui ordonne une fouille discrète des lieux. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, Fawkes est surpris à surveiller la cache et capturé. Refusant d’abord de trahir ses compagnons, il finit par alimenter l’enquête sous la pression des interrogatoires. Ses complices tentent de fuir et sont, pour la plupart, tués ou arrêtés dans les jours qui suivent.
Un souvenir durable
L’affaire provoque un choc immense dans le royaume. Elle entraîne un durcissement des lois contre les catholiques et nourrit durablement une méfiance envers Rome dans la société anglaise. Chaque 5 novembre, le pays commémore encore l’échec de ce complot par la Guy Fawkes Night, où feux de joie et effigies brûlées rappellent l’attentat qui aurait pu bouleverser l’histoire de la monarchie britannique.