C’était un 23 octobre - Mort de Théophile Gautier
C’était un 23 octobre - Mort de Théophile Gautier

Le 23 octobre 1872, s’éteint à Neuilly-sur-Seine Théophile Gautier, poète, romancier et critique d’art, figure majeure du romantisme français et précurseur du mouvement parnassien. Né à Tarbes le 30 août 1811, il aura traversé son siècle en artiste complet, passionné par la beauté, la forme et la liberté de création. Admiré par Victor Hugo, Balzac, Baudelaire et Nerval, il fut à la fois l’un des piliers de la vie littéraire du XIXᵉ siècle et le défenseur de la fameuse devise : « l’art pour l’art ».

Le romantique au gilet rouge

Dès sa jeunesse, Théophile Gautier fréquente Victor Hugo et les membres du mouvement romantique. Le 25 février 1830, il participe à la célèbre bataille d’Hernani vêtue d’un gilet rouge flamboyant, symbole de la révolte des jeunes artistes contre le classicisme figé. Peintre dans l’âme, il se tourne vite vers la poésie et publie ses premiers vers avant de faire scandale avec Mademoiselle de Maupin (1835), roman-manifeste où il revendique la primauté du beau sur toute morale.

Un esthète aux multiples talents

Poète raffiné, nouvelliste inspiré, romancier d’aventure, Gautier fut aussi un critique d’art et de théâtre infatigable. Il collabora à La Presse, Le Moniteur universel et La Revue des Deux Mondes, rédigeant des milliers d’articles sur la peinture, la musique et la littérature. Son style clair et coloré fit de lui un modèle pour toute une génération de chroniqueurs. Son influence s’étendit à la danse il est notamment l’auteur du livret du ballet Giselle (1841) et à la critique artistique, où il sut décrire les œuvres avec une précision presque picturale.

Voyageur et poète du Beau

Curieux du monde, Gautier sillonna l’Europe et la Méditerranée : Espagne, Italie, Grèce, Égypte, Russie… Ces périples nourrirent ses récits de voyage (Voyage en Espagne, Constantinople) et ses romans empreints d’exotisme, dont Le Roman de la momie (1857), qui transporta les lecteurs au cœur de l’Égypte antique. En 1852, il publie Émaux et Camées, un recueil de poésies d’une perfection formelle saluée par Baudelaire, qui lui dédie Les Fleurs du mal en l’appelant « poète impeccable ». Cette œuvre cristallise la philosophie esthétique de Gautier et inspire tout le mouvement parnassien.

Un héritage durable

Jusqu’à la fin de sa vie, Théophile Gautier demeura le défenseur intransigeant de la beauté pure. Entouré de ses amis écrivains et artistes, il poursuit son travail de critique et de poète depuis sa maison de Neuilly, où il s’éteint à soixante et un ans. Il repose au cimetière de Montmartre, sous une statue de muse tenant palme et lyre, symbole d’un homme qui fit du Beau sa seule religion.

Que retenir rapidement ?

Le 23 octobre 1872, s’éteint à Neuilly-sur-Seine Théophile Gautier, poète, romancier et critique d’art, figure majeure du romantisme français et précurseur

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