Sous son chapiteau planté près du pont du Garigliano à Paris, la famille Bormann-Moreno déploie un spectacle à la fois intime et spectaculaire. Intitulée Arbre, cette nouvelle création rend hommage à huit générations d’artistes circassiens tout en affirmant une vitalité renouvelée, ancrée dans des préoccupations contemporaines comme la nature et l’environnement.
Le cirque traditionnel revisité dans une clairière enchantée
Dès l’entrée sous le chapiteau, le décor donne le ton : un immense arbre s’élève au centre de la piste, ses racines bordées de portraits anciens, témoins d’un héritage familial riche. C’est autour de cette métaphore végétale que se tisse le spectacle, qui emprunte autant aux arts traditionnels du cirque – acrobaties, mât chinois, jonglage ou dressage – qu’à la danse contemporaine, au théâtre immersif et aux effets visuels.
Mais ici, tout est réinventé. Le clown devient funambule, la funambule danse sur de la dubstep, et le spectateur, dès les premières minutes, sent que l’univers qu’on lui propose dépasse les codes du cirque classique. Il ne s’agit plus seulement de prouesses, mais d’une narration vivante, vibrante, où chaque numéro semble pousser comme une branche de cet Arbre central, nourri d’histoires, de gestes et d’émotions transmises au fil des décennies.
Une performance engagée et sensorielle
Avec Arbre, la famille Bormann ne se contente pas de faire revivre son passé. Elle le réinvente à la lumière des enjeux actuels. En plaçant la nature au cœur de la scénographie et du propos, le spectacle évoque la nécessité de protéger notre environnement, tout en explorant la capacité du cirque à se réinventer. « Arbre est une bouffée d’oxygène », promet la troupe dans sa présentation, et l’engagement est tenu : chaque tableau est pensé comme une respiration artistique, entre poésie visuelle et adresse technique.
Ce parti pris trouve un écho puissant dans la mise en scène, pensée comme un écosystème artistique où les disciplines dialoguent et se soutiennent. On assiste à une véritable immersion sensorielle, rythmée par des éclairages travaillés, une bande-son enveloppante et une scénographie vivante. Arbre devient alors un personnage à part entière : un symbole de transmission, mais aussi de transformation, à l’image du cirque lui-même, toujours en mouvement.
Le spectacle est à découvrir à Paris jusqu’au 4 octobre 2026.