Fraude aux billets du Louvre : 10 millions d’euros envolés en dix ans
Fraude aux billets du Louvre : 10 millions d’euros envolés en dix ans

Depuis ce mercredi, le Louvre applique un billet plus cher aux visiteurs qui ne sont ni ressortissants ni résidents de l’Espace économique européen. Une tarification différenciée qui s’étend à d’autres sites majeurs en France, et qui contraste avec les pratiques de nombreux grands musées à l’étranger.

Une hausse ciblée au Louvre, et d’autres sites français suivent

Au Louvre, le nouveau tarif “hors EEE” s’élève à 32 euros, contre 22 euros pour les visiteurs relevant de l’EEE, soit 10 euros de plus et une hausse de 45% par rapport au prix en vigueur jusqu’ici, d’après les informations relayées par l’AFP. Le musée, qui avait accueilli 8,7 millions de visiteurs en 2024 dont 69% d’étrangers, assume une mesure visant notamment les publics extra-européens les plus nombreux, comme les Américains ou les Chinois.

Le mouvement concerne aussi d’autres lieux. À Versailles, l’accès au domaine est affiché à 25 euros pour les visiteurs hors EEE, tandis que les ressortissants ou résidents de l’EEE bénéficient d’une réduction de 3 euros, toujours selon des éléments repris par l’AFP. Le château de Chambord applique aussi un écart de prix, avec un billet à 31 euros pour les visiteurs extra-européens (soit 10 euros de plus que les Européens). À la Sainte-Chapelle, le tarif individuel est passé à 22 euros pour les non-EEE, avec un tarif réduit à 16 euros pour les ressortissants ou résidents réguliers de l’EEE, d’après les précisions transmises par le ministère et reprises par la presse.

Un modèle rare en Occident, mais courant ailleurs

Cette différenciation selon l’origine géographique reste peu fréquente en Europe et aux États-Unis. Dans plusieurs institutions très visitées, le prix ne varie pas selon la nationalité : le British Museum à Londres est gratuit, tandis que le Rijksmuseum à Amsterdam ou le Prado à Madrid appliquent un tarif identique à tous, comme le rappellent des comparaisons publiées dans la presse française.

En revanche, des logiques proches existent hors Occident, avec des écarts parfois très marqués : l’Égypte, l’Inde (Taj Mahal) ou la Jordanie (Petra) pratiquent depuis longtemps des prix différents selon le passeport. Aux États-Unis, le Metropolitan Museum of Art de New York se distingue surtout par un dispositif particulier pour les résidents de l’État, qui peuvent fixer eux-mêmes le montant de leur billet.

Côté finances, l’objectif affiché en France est de dégager des recettes supplémentaires. Le ministère de la Culture table sur “20 à 30 millions d’euros” par an grâce à ce dispositif, selon une estimation rapportée par l’AFP, avec l’idée d’aider à financer, notamment, le vaste chantier de rénovation du Louvre. De son côté, le musée espère plutôt “15 à 20 millions d’euros” de recettes annuelles supplémentaires, d’après des éléments communiqués en fin d’année et relayés dans la presse.

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