Face à l’annulation du Festival international de la bande dessinée, la ville d’Angoulême n’a pas renoncé à faire vivre le neuvième art. Du 29 janvier au 1er février 2026, le Grand Off investira la cité charentaise avec plus de 150 événements gratuits répartis dans 60 lieux, confirmant l’attachement profond d’Angoulême à la création graphique et à ses auteurs.
Un festival annulé, une ville mobilisée
L’annonce, tombée le 1er décembre 2025, avait fait l’effet d’un séisme. Après une série de polémiques autour de la société 9e Art+ et de son directeur, les principaux éditeurs et partenaires institutionnels avaient décidé de se retirer, entraînant l’annulation inédite de la 53ᵉ édition du Festival d’Angoulême. Pour la première fois depuis 1974, la capitale de la bande dessinée voyait son événement phare disparaître du calendrier culturel.
Mais à peine un mois plus tard, auteurs, libraires, collectifs et associations locales se mobilisent pour inventer un nouveau rendez-vous. Soutenu financièrement par la mairie et les collectivités, le Grand Off se veut à la fois un acte de résistance et un espace de refondation. « Face à ce grand bang, nous voulions recréer un moment de partage et de liberté », a déclaré le maire Xavier Bonnefont lors de la présentation du programme.
Une programmation foisonnante et inclusive
Élaboré en un temps record, le Grand Off proposera expositions, ateliers, tables rondes, spectacles, concerts dessinés et rencontres dans des lieux emblématiques de la ville : le Musée de la bande dessinée, la Maison des auteurs, les Chais Magelis, le théâtre d’Angoulême, mais aussi des librairies, cafés et tiers-lieux.
Au programme : une rétrospective dédiée à Claire Bretécher au Musée de la BD, une exposition consacrée à Matthieu Sapin à la Préfecture de la Charente, et de nombreux rendez-vous pour le jeune public à travers « Le Grand Off des petits lecteurs ». Les organisateurs insistent sur la gratuité de la quasi-totalité des événements et sur la rémunération des auteurs invités : « C’est une revendication essentielle. La création mérite d’être reconnue et payée », rappelle Bernard Lambert, libraire et membre du comité d’organisation.
Un nouvel élan pour le neuvième art
Sans chercher à concurrencer le festival historique, le Grand Off affirme une autre vision : plus collective, plus accessible et plus indépendante. En l’espace de deux mois, tout un territoire s’est réuni autour de la bande dessinée, prouvant que l’esprit d’Angoulême – celui de la passion et de la création – reste intact.
Du 29 janvier au 1er février, la ville vivra donc, envers et contre tout, au rythme des bulles et des planches, fidèle à sa vocation de capitale mondiale du neuvième art.