À peine quelques mois après 28 ans plus tard, l’univers imaginé par Danny Boyle et Alex Garland enchaîne déjà avec un nouvel épisode, en salles le 14 janvier. Réalisé cette fois par Nia DaCosta et toujours écrit par Garland, Le Temple des Morts reprend le récit là où il s’était arrêté et déplace la franchise : moins dans la course-poursuite “survival”, davantage dans une fable brutale sur ce que l’apocalypse fait aux vivants.
Deux visions qui s’affrontent, entre foi déviante et science isolée
Le film s’appuie sur le cliffhanger du précédent volet et développe deux pôles idéologiques qui se font face. D’un côté, Jimmy Crystal, gourou ravagé incarné par Jack O’Connell, à la tête d’une secte aussi grotesque que terrifiante. De l’autre, le docteur Ian Kelson, joué par Ralph Fiennes, personnage de scientifique borderline dont les choix flirtent avec l’obsession, notamment autour d’un “infecté alpha”. Dans cette suite, Garland s’amuse à pousser les personnages vers des extrêmes : la religion comme refuge collectif qui peut virer à la destruction, la science comme promesse de salut qui isole et déshumanise.
Plusieurs critiques, en France comme à l’étranger, ont particulièrement retenu la prestation de Ralph Fiennes, décrite comme le moteur du film : The Hollywood Reporter et Variety saluent une performance “magistrale” qui rend Kelson “inoubliable”. IndieWire associe même Fiennes et O’Connell à une paire de prestations “divinement inspirées” dans une suite jugée “intelligente et audacieuse”.
Une mise en scène plus classique, mais une violence qui divise
Contrairement au choix radical du tournage à l’iPhone revendiqué dans 28 ans plus tard, Nia DaCosta revient à une réalisation plus traditionnelle, plus composée, avec une recherche d’images fortes et de tableaux macabres — notamment autour du monument aux morts que Kelson continue d’ériger. Cette approche plus “posée” n’adoucit rien : le film est décrit comme oppressant, viscéral, et souvent écœurant dans sa manière de filmer la chair et la désolation.
Sur ce point, l’accueil est moins unanime. The Guardian applaudit un chapitre jugé parmi les plus réussis du genre, et salue une saga qui préfère parler de conflits humains plutôt que de simples “zombies”. Mais d’autres voix pointent une surenchère : Le Parisien évoque une violence parfois “gratuite” qui “va trop loin” autour de l’arc Jimmy/Spike, et The Hollywood Reporter reproche des excès “plus répugnants que captivants”. Malgré ces réserves, beaucoup y voient un épisode charnière qui prépare déjà la suite annoncée, avec le retour de Boyle derrière la caméra.