Tensions meurtrières à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge - une trêve fragilisée (AP)
Tensions meurtrières à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge - une trêve fragilisée (AP)

Les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge ont de nouveau dégénéré mercredi, lorsqu’un échange de tirs a éclaté dans une zone frontalière contestée, faisant au moins un mort et trois blessés du côté cambodgien, selon les autorités locales. Cet incident survient alors que la trêve négociée par les États-Unis en juillet dernier semble vaciller sous le poids d’accusations mutuelles et d’incidents répétés.

Le ministère cambodgien de la Défense a affirmé que des troupes thaïlandaises avaient ouvert le feu vers 15 h 50, heure locale, près d’un village dont la souveraineté est disputée entre les deux pays. En réaction, Bangkok a accusé Phnom Penh d’avoir déclenché les hostilités. Le porte-parole de l’armée thaïlandaise, le major-général Winthai Suvaree, a déclaré que les soldats cambodgiens avaient tiré les premiers, forçant les forces thaïlandaises à riposter « par des tirs de semonce » avant que la situation ne soit maîtrisée.

Ces affrontements interviennent dans un climat déjà explosif. Deux jours plus tôt, un soldat thaïlandais avait été grièvement blessé par une mine terrestre, incident pour lequel Bangkok exige des excuses officielles du Cambodge. Les autorités thaïlandaises accusent leur voisin d’avoir posé de nouvelles mines antipersonnel le long de la frontière. Phnom Penh dément catégoriquement, affirmant respecter scrupuleusement l’accord d’octobre dernier, qui visait à consolider le cessez-le-feu obtenu grâce à la médiation du président américain Donald Trump.

La Thaïlande a depuis suspendu sa participation à cet accord, considérant que le Cambodge ne l’appliquait pas pleinement. De son côté, Phnom Penh appelle à la retenue et exhorte Bangkok à reprendre les négociations diplomatiques.

La région frontalière, notamment autour du village de Ban Nong Ya Kaew côté thaïlandais et de Prey Chan côté cambodgien, demeure l’un des points les plus sensibles entre les deux pays. En juillet, les combats y avaient fait 48 morts et provoqué le déplacement temporaire de 300 000 civils, après plusieurs jours d’échanges d’artillerie et de frappes aériennes.

Selon des rapports militaires cités par Reuters, plusieurs mines récemment découvertes dans ces zones contestées pourraient avoir été posées après la signature du cessez-le-feu, aggravant la méfiance entre les deux armées. Cette rivalité frontalière, qui remonte à plus d’un siècle, trouve son origine dans une démarcation coloniale établie par la France en 1907 une ligne toujours sujette à interprétation et régulièrement ravivée par des crises militaires.

Alors que Washington continue d’appeler au calme, les observateurs redoutent une reprise plus large des hostilités, susceptible de remettre en cause la fragile stabilité de la péninsule indochinoise.

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