La culture du pavot à opium au Myanmar a atteint son plus haut niveau en dix ans, ont annoncé mercredi les Nations unies, dans un contexte de guerre civile persistante et de crise économique profonde qui pousse de plus en plus d’agriculteurs vers cette économie illicite. Selon l’ONU, la superficie consacrée au pavot a augmenté de 17 % au cours de l’année écoulée.
D’après les données publiées, les cultures d’opium couvrent désormais 53 100 hectares, contre 45 200 hectares l’année précédente. Cette hausse spectaculaire reflète l’effondrement des moyens de subsistance dans de nombreuses régions rurales, en particulier dans les États du nord et de l’est du pays, où les combats entre la junte militaire et divers groupes armés se sont intensifiés depuis le coup d’État de 2021.
La culture du pavot demeure l’une des rares sources de revenus stables pour des communautés prises en étau entre conflits, pauvreté et absence de services publics. L’ONU avertit que ce boom de l’opium pourrait accentuer l’instabilité régionale, en alimentant les réseaux criminels et le trafic de drogue à destination des pays voisins, notamment la Chine et la Thaïlande.
Les experts soulignent que la crise politique du Myanmar a également affaibli les programmes de substitution et les efforts de développement rural, rendant encore plus difficile la transition des agriculteurs vers des cultures légales. Sans amélioration rapide des conditions économiques et sécuritaires, les organisations internationales craignent une poursuite de la hausse de la production.
Alors que le Myanmar reste l’un des principaux producteurs mondiaux d’opium, aux côtés de l’Afghanistan, cette augmentation marque une nouvelle étape inquiétante dans la spirale de violence et de pauvreté qui ravage le pays.