Les restaurateurs japonais en Chine subissent de plein fouet la montée des tensions sino-japonaises
Les restaurateurs japonais en Chine subissent de plein fouet la montée des tensions sino-japonaises

Les restaurateurs japonais installés en Chine voient leurs espoirs s’effondrer à mesure que les relations entre Pékin et Tokyo se dégradent. Takashi Ito, propriétaire d’un restaurant à Shanghai, attendait la levée de l’embargo chinois sur les fruits de mer japonais, mais la détérioration rapide du climat diplomatique a conduit Pékin à rétablir cette interdiction, annihilant toute perspective de normalisation.

Les tensions se sont accrues après les déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. Elle a affirmé qu’une éventuelle attaque chinoise contre Taïwan pourrait constituer une menace existentielle pour le Japon et justifier une riposte militaire. Ces propos ont suscité la colère de Pékin, qui considère Taïwan comme une partie de son territoire. En réaction, la Chine a non seulement réimposé l’embargo sur les produits de la mer japonais, mais aussi instauré un boycott des voyages vers le Japon et annulé de nombreuses manifestations culturelles.

Pour les restaurateurs japonais en Chine, ces crises diplomatiques ont un impact immédiat. Ito explique que chaque nouvelle flambée de tension « met les cœurs à rude épreuve » et se traduit par des pertes directes pour son établissement de fruits de mer, Merase. Le restaurant a enregistré des annulations, dont les raisons n’ont pas été précisées par les clients. La clientèle chinoise représente pourtant près de la moitié de ses réservations, rendant la situation d’autant plus préoccupante.

La Chine avait assoupli récemment certaines restrictions imposées en réponse au rejet par le Japon, en 2023, des eaux usées traitées de la centrale nucléaire de Fukushima. Ce geste semblait ouvrir la voie à un apaisement. Le rétablissement soudain de l’embargo marque donc une marche arrière, d’autant que certaines espèces de poissons indispensables à la cuisine d’Ito ne peuvent être importées que du Japon. Le restaurateur estime qu’aucune amélioration rapide n’est à attendre, tant que Takaichi reste ferme sur ses déclarations.

La controverse a alimenté des réactions virulentes dans les médias d’État chinois ainsi que de la part de diplomates. Tokyo a d’ailleurs demandé à ses ressortissants présents en Chine d’adopter une vigilance accrue et d’éviter les lieux publics. Malgré ce climat tendu, Ito affirme ne pas se sentir personnellement en danger, une position partagée par un autre restaurateur japonais de Shanghai, Kazuaki Sone. Installé en Chine depuis 2012, Sone explique avoir déjà vécu plusieurs épisodes de tensions similaires, sans que ses relations personnelles ou professionnelles en soient durablement affectées.

Tous deux redoutent avant tout que les différends politiques compromettent durablement les échanges commerciaux, culturels et alimentaires entre les deux pays. Ils espèrent que les diplomaties japonaise et chinoise pourront renouer le dialogue. Selon Ito, la priorité est qu’un jour « les peuples chinois et japonais puissent apprécier les mêmes mets sans se livrer à des conflits ».

Que retenir rapidement ?

Les restaurateurs japonais installés en Chine voient leurs espoirs s’effondrer à mesure que les relations entre Pékin et Tokyo se dégradent. Takashi Ito, p

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